Gynoug

En 1991 sortait Gynoug sur Megadrive. Un Shoot Them Up (Shmup) qui possède une aura culte et pourtant, je n’en avais jamais entendu parler avant que notre maître à tous en propose la clé pour un petit test écrit. J’ai eu la Megadrive, joué à beaucoup de jeux de l’époque et j’adore les shmups malgré mon niveau plus proche du débutant que de l’expert.

Faisant partie des jeux retro ayant l’insigne honneur de trouver le chemin des consoles actuellement sur le marché, Gynoug rappelle que le jeu vidéo a beaucoup évolue en trente ans. On est passé d’un loisir s’exportant de la salle d’arcade (que de souvenirs) vers le salon familial ou la chambre de jeunes ados dont le printemps a offert ses moins beaux bourgeons à une industrie pesant plusieurs milliards. Gynoug est un peu le reflet de cette époque bénie pour certains, à oublier pour d’autres.

Gynoug est un shmup dans la plus pure tradition du genre : des boulettes, des boss énormes et un scrolling horizontal. Point d’histoire alambiquée ou profonde pour sauver le monde. Eradiquer tout ce qui se dresse devant et derrière soi est le principal objectif. Le jeu offre des pouvoirs assez classiques (boucliers, projectiles divers et variés), une amélioration des tirs et une difficulté monstrueuse. Parce que Gynoug a la bonne idée de plonger le joueur dans une sensation de facilité les deux premières minutes au point de me demander si je n’étais pas en mode très très facile, puis vint le moment où le jeu te rappelle qu’il veut te faire morfler.

Difficile, Gynoug l’est, mais dans ce que l’arcade avait de plus sadique, à savoir un mur de difficulté tel que finir un niveau faisait de toi un héros de la salle. Ayant fini le jeu, l’avant dernier niveau atteint un palier que je ne pensais pas possible. La difficulté alliée à une lisibilité proche du néant rend ce niveau quasi impossible sans l’utilisation du pouvoir de rembobiner qui n’existait pas sans la cartouche spéciale. Directement implémentée dans le portage, la possibilité de rembobiner pour ne pas mourir en boucle dès le second niveau m’a permis de finir le jeu et voir à quel point la réputation de jeu difficile était parfaitement justifié pour ce jeu qui ne manque pourtant pas de qualités.

Au rayon des qualités, le gameplay et la maniabilité sont excellents. Le personnage répond très bien à la moindre sollicitation, le gameplay est simple et accessible. La prise en main est immédiate sans devoir passer deux heures à comprendre les combinaisons de boutons. De plus, la direction artistique très particulière donne un vrai cachet à ce shmup. Les boss sont originaux dans leur design, à défaut de l’être dans leur pattern (ils sont gros et tirent des boulettes). La durée de vie est aussi une qualité puisqu’il est possible de le finir en moins d’une heure, mais le terminer sans le rembobinage demandera des heures et des heures.

En résumé Gynoug est un jeu qui accuse son âge, moins par ses graphismes que par sa difficulté d’un autre temps. Difficulté qui pourra rebuter les plus courageux tellement elle est élevée. De mon point de vue, ce portage s’adresse plus aux nostalgiques du jeu original qui veulent se faire un petit retour en 1991, qu’aux nouveaux joueurs. Pourtant, je dois avouer avoir pris un plaisir certain à le parcourir grâce à un gameplay aux petits oignons, une direction artistique clivante, mais originale et une prise en main immédiate. Pas de flèche dans le Gynoug.

Genre : Shoot Them Up

Développeurs : Masaya Games

Editeurs : Dreamworks SKG, SEGA

Plateformes : PS4, Xbox One, Switch

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Machiavel

Toujours à l'affût de ce qui peut piquer ma curiosité, peu importe le domaine avec une légère préférence pour les jeux vidéo, le cinéma, la littérature, les séries TV, les jeux de société, la musique, la gastronomie, les boissons alcoolisées et quelques autres petites choses . Ma curiosité est telle le tonneau des danaïdes, sans fond.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *