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Soulmask

« Hey Soulmask, ça t’intéresse ? Bon ok, il y a marqué démo mais promis juré c’est une version complète du jeu ! Allez, allez, vas-y, faut bien que quelqu’un se dévoue et tout le reste de la rédaction a piscine. »

Autant vous dire qu’à l’issue de ce premier échange avec le rédac’ chef, je sentais l’embrouille venir gros comme une maison. Parce que Soulmask est un jeu chinois, réalisé par CampFire Studio et édité par Qooland Games, disponible en Early access depuis apparemment 2 ans et dont la version finale arrive à grands pas pour le 10 avril 2026 (comme vous pourrez vous en douter, le test arrivera à la bourre et nous serons probablement plus loin dans le futur au moment où vous lirez ces lignes).

Le truc, c’est que je n’en avais strictement jamais entendu parler. Et ça, ça m’inquiète un tout petit peu au moment d’installer le jeu. Alors OK, ça a l’air soigné, les menus ont l’air d’avoir tous été traduits même si le tutoriel persiste à afficher des captures d’écran en chinois.

Après l’installation des 25 Go que pèse le jeu, c’est parti pour une customisation du personnage. On est loin des moteurs de création de personnages les plus évolués mais il y a néanmoins suffisamment de choix pour créer un personnage un tant soit peu personnalisé. Enfin, si tant est que vous ne soyez pas trop regardant sur la couleur de peau, sur les coupes disponibles ou encore sur le bonnet de notre héroïne féminine, si vous optez pour ce choix.

Visuellement, c’est plutôt chouette

L’ensemble des cutscenes laissent en effet penser que, dans l’imaginaire des développeurs, le bonnet D reste la plus petite taille disponible de soutif. De ce point de vue, nous sommes donc de retour au début des années 2000.

Visuellement, en revanche, il faut bien reconnaître que le jeu présente plutôt bien avec des graphismes très détaillés, un moteur qui tourne sans difficulté avec la majeure partie des options activées, des personnages plutôt bien modélisés et des décors somme toute assez chargés.

Oui, c’est un jeu chinois et oui, c’est le physique de base, AVANT toute modification

Tout n’est pas parfait non plus et on pourra déplorer des montagnes assez anguleuses et mouvements de personnages non joueurs assez mécaniques et parfois bien old school. Voir un sanglier faire des rotations à 45° pour vous attaquer est toujours une expérience étrange. Les chats aussi mais tout le monde sait que les chats sont bizarres. Mais bon, dans l’ensemble, c’est du bon boulot.

Les premières minutes du jeu vous permettront rapidement de constater que Soulmask se place directement dans la catégorie des jeux de survie / construction / craft jouables en ligne ou en solo à la Conan Exiles ou, plus récemment Crosswind auquel j’ai récemment eu la possibilité de jouer à l’occasion d’un Playtest bien trop court.

Après avoir échappé in extremis d’une cage dans laquelle il/elle était détenu(e), notre personnage mettra la main sur une masque d’or qui lui donnera certes une dégaine assez particulière (surtout en slip) mais qui va rapidement révéler des pouvoirs assez intéressants. On y reviendra plus tard.

Bombardé par un tutoriel qui bouffe littéralement un quart de l’écran, le joueur peut se trouver submergé par le trop plein d’informations que le jeu lui balance en travers de la figure à tous bouts de champ.

Et maintenant, toi obéir moi sinon baffe en travers de la figure

Des informations sur les tâches à réaliser, des marqueurs d’objectif, des arbres de compétences défilent à la cadence d’une mitraillette mais, pour le coup, cette prise en main va s’avérer rapidement bénéfique pour le joueur qui va finalement prendre rapidement ses marques au travers cette multitude d’informations. Et ce ne sera pas un mal puisque Soulmask va rapidement vous initier à la gestion d’une tribu.

Si le maniement à la manette est un peu étrange et va probablement nécessiter un certain temps d’adaptation (et certaines mises à jour), il rend le jeu tout à fait utilisable avec cet instrument béni des dieux et très vraisemblablement les machines comme le Steamdeck. Même s’il faudra vraisemblablement faire de gros compromis pour le faire tourner dessus

Sans les piranhas, ça serait un chouette coin mais bon, ces cochonneries rodent.

Après plusieurs heures (dizaines d’heures) de jeu que je n’ai pas vu passer, trop occupé que j’étais à ramasser toutes les cochonneries qui traînaient au sol et à massacrer tous les animaux et gentils autochtones rencontrés en cours de route, force est de constater que le jeu est très plaisant et que ces mécaniques fonctionnent pas mal du tout. Pourtant, il ne réinvente clairement pas la roue, se contentant de puiser dans les forces des jeux qui l’ont précédé comme Conan exiles (le nom va revenir souvent) qui s’est imposé comme le mètre étalon du genre.

On ramasse des trucs, on crée d’autres trucs (au hasard des pioches, des haches ou des épées) qui permettent de récolter d’autres ressources et de fabriquer encore d’autres trucs, tout en surveillant du coin de l’œil les jauges de besoin en eau et nourriture. Ça serait quand même un peu con de tomber dans les pommes quand on est en train de chiper (chipeur, arrête de chiper et ramène-moi ce sac à dos. Non, je m’en fous complètement de savoir comment ça se dit en espagnol) des bidules divers et variés en territoire hostile.

Ouais, le tuto et l’UI sont assez peu discrets

Parce que, oui, les autochtones sont à peu près aussi chaleureux que des parisiens dans une ligne de métro en rade. Et ils n’hésiteront pas à vous apprendre les bonnes manières à coups de marteau de guerre ou d’outils contondants. Une des mécaniques les plus intéressantes du jeu (qui lui donne d’ailleurs son nom) tient à la capacité, rapidement apprise en cours de jeu) d’exercer une emprise mentale sur un ennemi affaibli pour en faire un membre de votre tribu.

Et hop, vous êtes désormais le gourou d’une secte. Non, ce n’est pas ce genre de secte et ça n’est pas au menu, n’insistez pas. Après quelques baffes gentiment appliquées aux joues bien roses des autochtones, vous voilà à la tête d’une petite armée. De neuf hommes et femmes certes, mais c’est un début. C’est pas tout ça mais il faudra occuper nos braves gens en leur donnant des ordres et en veillant un minimum à leurs besoins. « Patron, j’ai faim, patron, j’ai soif, patron, je suis fatiguéargh, patron, j’suis mort ».

Petit moment de détente sans personne pour essayer de vous trucider

Pour éviter de vous faire baffer trop souvent lors des visites de bon voisinage, il est possible d’embarquer jusqu’à trois sbires parmi vous ouailles fraîchement recrutées. On ne peut pas dire que l’intelligence artificielle soit fantastique mais elle fait le job… dans les limites du raisonnable.

D’autant qu’il est possible d’équiper vos sidekicks comme bon vous semble et de configurer leur comportement lors des affrontements. Le masque vous permettra d’ailleurs de posséder d’autres membres de votre tribu puisque, en quelque sorte, c’est plus lui qui vous incarné que votre avatar de chair et de boobs.

Cette fois-ci, si je lui mets la main dessus, le crocodile va prendre cher

Configuration est d’ailleurs le maître mot de Soulmask puisque le jeu dispose d’une multitude de paramètres pour régler une partie comme vous le souhaitez. Vous voudriez faire plus de dégâts aux humains mais vous apprécierez que les chats et les chiens soient presque des super-héros ? Pas de problème, un coup de taquet sur les coefficients multiplicateurs et c’est réglé.

Heureusement vous aurez de quoi faire puisque le jeu regorge de ruines, temples perdus, reliques mystérieuses à découvrir et explorer. Sans oublier d’exterminer la population locale au passage vu qu’elle est moyennement ravie de voir votre petite troupe arriver pour lui faire les poches. A noter que la faune ne sera pas en reste vu que j’ai dû me faire gober par des alligators, des anacondas, des guépards et toute une clique d’animaux très très énervés.

Y’a des trucs suspects dans le ciel

Une fois le butin en main, il faudrait tout de même penser à le protéger de tous ces sales voleurs qui souhaiteraient le récupérer. Non, Môssieur, nous, nous ne sommes pas des voleurs. Nous sommes des… conquistadors ?

Heureusement, c’est là qu’intervient la dernière composante du jeu. Tout comme dans Ark survival et Conan Exiles (et trois milliards d’autres jeux auquel je n’ai pas joué), il sera possible, avec toutes les ressources accumulées, de construire une base qui aura vraiment de la gueule. En tout cas, si vous êtes un peu plus compétent que moi. Comme ses concurrents, Soulmask regorge de bidules à construire pour vous permettre de vous fabriquer un joli petit château et de refroidir sérieusement les ardeurs de vos voisins un rien belliqueux.

Oui, je sais, ma première création laissait quelque peu à désirer.

Ajoutons à cela que Soulmask dispose désormais, avec sa version 1.0 et du DLC Shifting Sands qui l’accompagne, de deux terrains de jeu très différents puisqu’au monde verdoyant d’origine s’ajoute désormais un très joli biome aux forts relents égyptiens dont la cohérence historique est au moins égale à la version imaginée par Stargate.

Enfin, il convient de noter que Soulmask propose trois modes de jeu différents :

  • une version « Survival » qui équilibre le gameplay entre l’exploration, la survie et la gestion simplifiée de sa tribu.
  • Une version dite « Tribe management » qui, comme son nom l’indique, accentue l’aspect gestion de la tribu et son expansion,
  • Une version « guerrière » qui focalise sur la baston et les baffes et augmente sérieusement la difficulté des affrontements sans s’embarrasser des questions de faim, soif et autres menues broutilles.

Vous noterez tout de même qu’à ce stade, je n’ai pas encore pu essayer la version en ligne (en réalité j’ai pas voulu parce que j’aime pas les autres joueurs. Oui, vous.) mais j’imagine que, comme Ark: Survival Evolved ou Conan Exiles, c’est le véritable cœur du jeu et c’est précisément ce qui vous fera rester sur ce nouveau titre.

Au final, je suis vraiment, vraiment emballé par ce Soulmask qui était clairement passé en dessous de mon radar lors de son accès anticipé. Est-ce qu’il fait vraiment mieux les choses que ses concurrents ? Non, pas vraiment. Est-ce qu’il dispose de mécaniques novatrices ? Pas vraiment non plus. Est-ce qu’en dépit de tout, il vous scotche à l’écran et vous fout en retard au moment de vous coucher parce que, à la réflexion, il serait peut-être bon d’aller chercher encore un peu de bois… Affirmatif ! Et n’est-ce pas un peu ce qu’on attend d’un jeu vidéo ?

Genre : Action / Aventure / H&S

Développeur : CampFire Studio

Editeur : Qooland Games

Date de sortie : 10 avril 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Baalim

Vieux joueur, atariste convaincu, collectionneur de trucs bizarres et hétéroclites, geek à ses heures perdues, pratiquement certain de n’avoir rien signé et de ne pas être payé, il se demande encore ce qu’il fait là.

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