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Early Access: Pixel Washer

« Bah alors, Baalim, comme ça il paraît que tu as aimé Power Wash Simulator ? Ça tombe bien, mon gars, j’ai un truc pour toi, ça s’appelle Pixel Washer et tu vas adorer ! Et vu que tu n’aimes pas les gens, c’est pile-poil fait pour toi vu qu’il n’y a pas l’ombre d’un mode multijoueur. »

J’aime bien qu’on essaye de me vendre un truc de cette manière et je ne vois vraiment mais alors vraiment pas venir l’entourloupe. Cela dit, tout nouveau jeu mérite le bénéfice du doute. Voyons donc ce que ce Pixel Washer a dans le ventre

Et c’est vrai que, sur le papier, ça vend du rêve. Là où Power Wash Simulator se joue à deux joueurs en local et jusqu’à quatre joueurs en ligne (je vous accorde qu’il n’est pas forcément aisé de trouver trois autres types dont le hobby consiste à nettoyer tout ce qui est dégueulasse sauf s’ils peuvent passer à la télé sur M6) et tourne dans une 3D relativement moderne, si tant est qu’on ait une définition assez lâche de ce que peut être la modernité dans un jeu vidéo.

Ne jugez pas, c’est un hobby comme un autre. Y’a bien des types qui passent leurs week-end à peindre des figurines Warhammer ou à jouer à des simulateurs de tanks.

Alors effectivement, Pixel Washer a une bonne tête de victime et commence super bien avec sa 2D ultra rétro, son écran en mode fenêtre et son mode réduit à un joueur en solo. Je me suis dit que c’était donc une nouvelle fois l’occasion de démontrer l’étendue de mon talent à ne rien aimer et à flinguer un petit jeu indépendant pour le plaisir.

Histoire de me convaincre dans mon entreprise de démolition, le jeu s’ouvre sur un écran titre bien moche avec presque aucune option disponible.

Dites-vous bien que pour un type comme moi qui passe 15 minutes au bas mot à jouer avec les réglages graphiques, c’est un drame qui se joue devant mes yeux.

Notez que le drame se joue également auprès de mes oreilles puisque la musique me tape sur le système au bout d’une toute petite dizaine de minutes. C’est facile, on croirait presque entendre une musique d’ambiance de Leisure Suit Larry 6… Oui, celle de la salle de fitness. Oui, celle qui passait sur une carte Sound Blaster.

Tous les éléments sont donc réunis pour que je tape bien gratuitement sur un petit jeu indé sorti en accès anticipé. Certes, les développeurs (ou le développeur) ont tenté de me détourner de mon droit chemin en décidant de me faire jouer le rôle d’un porcinet tout mignon qui découvre un Kärcher et qui décide de tout, tout, tout laver. Tiens, c’est marrant, en dehors du porcinet, ça ressemble quand même beaucoup au jeu avec des teletubbies armés de Kärcher.

C’est tellement tout pareil qu’on retrouve même le réglage tir automatique ou tir manuel de Power Wash Simulator. Autant vous dire que ce nom va revenir assez régulièrement dans ce test.

Non, je vous le dis, ça ne va pas se passer comme ça, le monde va découvrir la supercherie ! Et passés les premiers niveaux, force est de constater que l’idée, fût-elle aussi plaisante, a du mal à se concrétiser et que le monde miniature de ce Pixel Washer fait assez vite regretter les grandes structures proposées par Power Wash Simulator, dont l’ampleur donnait une réelle sensation de progression et de satisfaction.

Évoluer dans une salle de bowling qui reprend progressivement vie est hélas plus jouissif que de passer un coup de jet d’eau en pixels sur un élément lambda en 2D. Alors il reste toujours le plaisir de débloquer les différents outils et les multiples lieux à nettoyer.

Il est vrai que ce nouveau titre apporte quelques nouveautés, notamment une sanction en cas de surconsommation d’eau ou d’électricité (pour prendre soin de votre monde, économisez l’eau, fût-elle numérique) qui vient ponctionner les gains attendus sur le contrat en cours, mais tout cela s’avère malheureusement un peu trop timoré pour que cet ersatz 2D puisse prétendre combattre dans la même catégorie que son modèle.

Et puis, il y a également un énorme point noir qui tient à l’absence de tout mode coopératif. Soyons clairs, si Power Wash Simulator peut rester plaisant en solo, il n’en reste pas moins que l’un de ses principaux atouts tient justement à la possibilité de jouer à plusieurs, en local comme sur Internet, en se répartissant les tâches de travail tout en discutant de tout et de rien tandis que le jet d’eau et la mousse font leur office.

En solo, on se prend vite à s’interroger sur la vacuité de l’exercice et l’absurdité des tâches qui nous amènent à simuler une séquence de nettoyage qu’on aurait trouvée particulièrement rébarbative dans la vraie vie (et à laquelle on aurait tenté d’échapper par tout moyen). J’espère donc très sincèrement que les développeurs ajouteront, à un moment ou un autre, un mode coopératif local qui justifierait un peu plus l’achat de ce Pixel Washer.

Il n’en reste pas moins que le visuel en 2D casse un peu trop l’immersion pour que ce seul et hypothétique mode multijoueur rattrape réellement le coup et le hisse au niveau de son inspiration. En l’état, je dois bien admettre que je suis passé assez rapidement à autre chose après avoir eu l’impression d’avoir fait le tour de ce que le jeu avait à proposer en 4 ou 5 séquences de nettoyage.

Genre : Action/Simulation

Développeur : Valadria

Editeur : Akklaim

Date de sortie : 15 octobre 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Baalim

Vieux joueur, atariste convaincu, collectionneur de trucs bizarres et hétéroclites, geek à ses heures perdues, pratiquement certain de n’avoir rien signé et de ne pas être payé, il se demande encore ce qu’il fait là.

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