Box Knight
Décidément, je pense qu’on n’a pas fini de bouffer du roguelike. Si dans certains cas ça ne passe pas, comme avec le dernier Serious Sam, dans d’autres cela semble être tout à fait logique et adapté, comme le petit Box Knight dont il est question aujourd’hui.
Je dis petit sans mépris aucun, mais tout simplement parce que Box Knight est le premier méfait de We Made a Thing Studios (j’adore ce nom !) et que j’imagine un studio de quelques personnes codant dans un coin du salon du graphiste (je ne suis pas loin, ils sont Australiens et moins de 50). Ou pire, au taff sur leur temps de pause.
Parce qu’il est évident que ces messieurs-dames ont dû vivre plusieurs vies dans des open spaces pour débarquer avec une idée aussi farfelue que celle présentée par Box Knight : vous êtes un employé dans une grande compagnie et devenez le Box Knight, le sauveur qui va latter tous les monstres errants dans les étages de la société pour libérer ses collègues. Avec une épée faite dans deux tubes en carton. Et un casque lui aussi en carton. Parce que bon, pourquoi pas.
Vos ennemis, vous les connaissez déjà : des goblins sournois qui parlent dans votre dos, des drones persuadés d’être compétents (…), en fait des monstres issus de tous les travers d’employés d’une société toxique. A vous de les maraver avec votre épée en carton (littéralement) pour anéantir la source de la toxicité, planquée au fin fond de l’entreprise.

Les niveaux sont divisés en arènes dans lesquels vous serez assaillis par plusieurs vagues d’ennemis. Lattez-les le plus élégamment possible, utilisez un maximum d’exécutions sans vous faire toucher et vous aurez un bon score, qui vous octroiera un bon bonus pour votre run.
Gagnez des pièces, améliorez votre équipement, vos pouvoirs spéciaux (vous avez trois voies : foudre, glace et feu), achetez de nouvelles pièces d’armures, en clair montez en niveau pour devenir de plus en plus fort pour aller de plus en plus loin.

C’est d’un classicisme absolu et d’une efficacité redoutable, avec une montée en niveau que l’on ressent parfaitement même si certains runs peuvent très vite tourner court. Mais bon, c’est le genre qui veut ça et vous êtes habitués.
La grande force de Box Knight, en plus de son humour mignon tout plein – des générations de tocards se sont succédées avant nous et le concierge ne se prive pas de nous le faire remarquer – et de sa parfaite retranscription des travers du travail de bureau vient de ces séquences de baston. Les ennemis sont introduits petit à petit, avec leurs forces et faiblesses, et d’un coup on se retrouve devant des panachages qui demandent à vraiment jouer tactique.

Si vous foncez dans le tas sans réfléchir, vous allez vite vous prendre une rouste tant certains ennemis doivent être éliminés en priorité. Il faut donc se frayer un chemin jusqu’à eux, sans se faire toucher pour ne pas perdre sa barre de pouvoir spécial, les latter ou les exécuter tout en continuant à esquiver les autres, déterminer si une plus grande menace a maintenant fait son apparition, courir, esquiver, taper.
C’est intense, bordélique parfois (très bordélique même !), un peu imprécis au niveau de certaines hitboxes aussi (mais rien de bien grave) et toujours, toujours dynamique. Il faut constamment se déplacer, faire des roulades, éviter les projectiles (ou les renvoyer !) ou les ennemis qui explosent en mourant. Il y a de quoi faire et on s’applique pour obtenir à chaque fois le meilleur score possible. L’avenir de nos collègues est entre nos mains !

Techniquement, s’il y a parfois une certaine imprécision dans les contrôles, qui ne gâche en rien le plaisir je vous rassure, tout le reste est sans faute. Une direction artistique typée dessin animé, qui me fait un peu penser à Castle Crashers, des musiques entraînantes, le tout tournant parfaitement sur des machines modestes. Et avant que vous ne demandiez, oui c’est un jeu idéal pour le Steam Deck.
Sorti de nulle part, sans prétention mais bourré d’humour et dynamique, Box Knight est aussi ridicule à l’écran que plaisant à jouer. Si vous avez déjà bossé dans un bureau, vous vous marrerez devant les très nombreux détournements et l’humour potache mais jamais pesant. Son gameplay ne révolutionnera en rien vos habitudes mais tout est parfaitement calibré et maîtrisé. Un très bon début pour un jeune studio !
Genre : Beat ’em all roguelite
Développeur : We Made A Thing Studios
Editeur : We Made A Thing Studios
Date de sortie : 26 août 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Beat ’em all roguelite