Warhounds
Cela fait quelques années que les jeux tactiques au tour par tour rencontrent du succès, XCom 2 est passé par là il y a 10 ans et depuis on se retrouve avec une floppée de jeux en tous genres autant produits par des grosses boîtes que des petits indés. Je n’avais cependant pas encore coché la case du jeu Russe banni de Steam (Sparta 2035) renommé et ressorti un peu modifié quelques années plus tard.

Le jeu vous place dans la peau d’une bande de mercenaires (how original) engagés pour protéger un président africain d’un pays non mentionné (le Mozambique et Madagascar). Vous arrivez au moment où celui-ci nous refait la scène de Scarface à la mitrailleuse (qui ici ne fait presque pas de dégâts car il ne faudrait pas qu’il se débrouille tout seul sans votre aide) face aux rebelles qui tentent de s’en débarrasser.
Après avoir sauvé ce saint homme, vous vous enfuyez sur un bateau cargo au large qu’il faudra conquérir étage par étage avant d’en faire votre base. Tout cela sans pouvoir sauvegarder manuellement pour une raison inconnue. Une fois fait, vous voilà parti à la reconquête en essayant de tenir la puissance rebelle en respect.

Alors contrairement à d’autres joueurs, ma première impression du jeu fut abyssale. Des modèles de personnages horribles, des décors jolis certes mais un système de jeu qui pénalise fortement tout mouvement un peu trop précipité ou l’ouverture d’une porte sans passer par le petit bouton « ouvrir la porte » que je n’avais pas directement remarqué.
Cela n’avait pas aidé de devoir recommencer la mission sur le bateau de zéro car les points de sauvegarde automatique étaient trop proches du moment où je me faisais éliminer par une vague d’ennemis deux fois plus nombreux que moi.

Heureusement, une fois ces missions obligatoires passées, le jeu permet de sauvegarder où bon vous semble mais surtout j’ai vite compris que le jeu en mode normal était très punitif et qu’il valait mieux pour moi et mon égo de passer en facile.
Harvester vous dira, à raison, que je suis mauvais mais je ne suis pas le seul visiblement et même en mode facile vous allez parfois vous retrouver à 1 contre 5, cela donne une idée du cauchemar que ça doit être en difficile.

Passés les déboires de votre serviteur, que vaut réellement le jeu ? Vous l’aurez compris, Warhounds ne va pas détrôner XCom 2 ou même les anciens Jagged Alliance dont il revendique clairement l’influence. Pas par manque de contenu, là on est servi : il y a de quoi améliorer votre base, débloquer de nouveaux types de missions – je n’ai en 20 heures de jeu pas encore croisé deux fois la même carte où combattre -, il y a une floppée d’objets à débloquer, quelques factions à contenter, bref niveau contenu pas de lézard.
Mais plutôt au niveau de la progression et de la customisation des personnages qui, outre l’aspect visuel (qui comme je l’ai dit plus haut n’est pas ragoutant) ne permet pas beaucoup de choix de progression ni d’interaction les uns avec les autres. C’est pour moi un gros point faible du titre au final car outre les 4 premiers personnages, sans charisme aucun, aucune de vos recrues n’a de préférence ou de sensibilité qui lui ferait réagir à vos choix. Et lesdits 4 premiers personnages, s’ils vont parfois dialoguer, ne le font pas de manière très subtile ou intéressante, on est surtout servi par des petits audios remplis de clichés sur l’Afrique et leurs dirigeants tout cela en plein combat. Le tout parfois interrompus par des audios de mission bref… à oublier.

Donc on a des personnages que l’on peut (comme dans la majorités des titres du genre) équiper et faire évoluer dans différentes classes, sauf qu’ici on en choisit pas la classe, elle est automatique et il y a uniquement quelques embranchements lors du choix de compétences lors du passage de niveau.
C’est donc particulier de recruter un nouveau soldat et puis de se retrouver avec un 4ème sniper dès son passage de niveau alors qu’on aurait aimé un mitrailleur mais bon, le problème disparait plus loin dans le jeu où des personnages de niveau supérieur sont directement recrutables.

Mais c’est là symptomatique du jeu : les systèmes sont présents, il y a de quoi faire mais malheureusement il y a toujours un élément qui rend l’expérience plus frustrante qu’elle ne devrait l’être alors que techniquement le tout tient la route.
Même chose pour les combats, pas question d’être furtif, vous aurez soit des missions où envoyer vos agents « furtivement » (c’est à dire qu’ils auront un pourcentage d’être détectés) et qui termineront automatiquement si tout se passe bien ou déclencheront un combat de sauvetage si ce n’est pas le cas. Ou alors vous aurez un texte vous donnant un contexte qui donne l’impression que cela peut être une mission furtive mais celle-ci va se jouer comme toutes les autres, c’est à dire en combattant.

Je m’explique. Même lorsque des missions vous invitent à vous barrer fissa pour éviter de vous faire tuer et qu’éviter le combat semble le plus indiqué, le système de détection du jeu se base sur une zone d’alerte. Donc si vous approchez d’un endroit, toute l’équipe adverse est avertie et fonce sur vous. Alors certes, vous pourrez souffler et recharger une fois une équipe éliminée avant de passer à une autre (sauf si vous avez le malheur d’en alerter plusieurs à la fois).
Mais il n’y a pas un système de ligne de vue comme dans XCom ou le particulier Phantom Menace où justement le jeu poussait alors à n’utiliser que la furtivité. Ici, le but est de combattre et d’éliminer l’adversaire, ou de combattre et de faire exploser un truc, ou de combattre et de fuir enfin bref, surtout de défourailler à tout va.

A ce niveau, Warhounds prétend offrir un système plus réaliste qui n’est pas lié à un jet de dés mais dans les faits cela se traduit surtout par : est-ce que j’ai une ligne de vue sur l’ennemi (d’où l’intérêt de passer par les flancs quand c’est possible) ou est-ce que je vais tirer dans l’objet qui est entre nous. Une grande quantité d’objets sont d’ailleurs destructibles afin de réduire les possibilités de couverture mais même bien à couvert vous pourrez parfois vous prendre une balle.
Ou à l’inverse vous pourrez parfois quand même louper un ennemi avec 80% de chance de toucher. Reste qu’en général, vous allez chercher à avoir de la hauteur, ou un point de vue avantageux sur l’ennemi, quitte à parfois foncer au corps à corps (ce qui fonctionne très bien en début de partie, beaucoup moins quand tout le monde dispose de plusieurs couches d’armure et que vos armes ne sont pas encore à niveau). En revanche les animations des combats sont assez réussies.

Ce qui est vraiment plaisant dans tout cela, ce sont surtout les environnements. Les combats font le boulot, cela manque de moments marquants et la caméra se place assez souvent mal pour nous donner une vue sur l’action en cours mais le tout se déroule dans des environnements détaillés et colorés qui fourmillent de détails. Comme dit plus haut, je n’ai pas encore recroisé les mêmes cartes alors que j’ai déjà effectué de nombreuses missions et à chaque fois, le tout est remplis d’objets, de tags sur les murs, de bâtiments auxquels vous pourrez monter, etc.
Franchement c’est le gros point fort du jeu, la variété est folle et de nombreuses cartes ont plusieurs niveaux d’élévation qui permettent de prendre l’avantage en combat (ou inversement quand vous êtes dans la cuvette). Pour être honnête, je ne serais pas étonné que les développeurs aient fait appel à l’IA pour avoir une telle variété dans les tags et les décors, ils l’ont après tout déjà utilisée pour les petites images accompagnant les nouvelles du front.

Vous l’aurez compris, si le jeu offre une expérience sympathique, que ce soit au niveau de la variété des missions et de la qualité des décors pour celles-ci, le reste peine un peu à convaincre ou à se mesurer à des titres à plus gros budget. Cela ne serait pas dérangeant si le prix reflétait ces limitations mais on est quand même ici sur un jeu à 35€, ce qui semble un tout petit peu au dessus de ce que serait indiqué.
Si vous êtes fan du genre, le jeu dans sa forme actuelle risque de vous lasser au bout d’une vingtaine d’heures (ce qui est déjà pas mal) mais les développeurs promettent une intégration du workshop d’ici un an. Pour les autres, cela dépendra si vous êtes ou non nostalgiques des Jagged Alliance et si vous êtes prêts à supporter les défauts du titre, mais attendre des soldes semble tout de même indiqué.
Genre : tactique au tour par tour
Développeur : Everplay DMCC
Editeur : Brighttika INC.
Date de sortie : 11 août 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

