Denshattack!
Denshattack!, c’est l’idée la plus stupidement réjouissante du moment. Quand les hardcore gamers s’accrochent à rendre toujours plus crédibles leurs simulateurs de petits trains qui font tchou-tchou, les développeurs espagnols d’Undercoders décident de prendre tout le monde à rebrousse-poil en proposant ce qui ressemble à une sorte de Jet Set Radio versus Crazy Taxi sur rails.
Oui, je sais qu’en ce moment précis, vous vous dites que cette description n’est pas ultra parlante, mais on va y venir. L’idée de base du jeu est conne comme la lune mais, étrangement, pas grand-monde (et encore moins les créateurs de Katamari Damacy) n’y avait pensé jusqu’à présent. Accrochez-vous, chers lecteurs, car vous allez, dans Denshattack!, devoir affronter de multiples concurrents tous plus retors les uns que les autres pour accéder au sommet du classement des riders en multipliant les courses et en enchaînant les figures acrobatiques.
Le truc, c’est que vous n’allez pas faire ça avec des rollers, des rollerblades, un skate, un BMX ou quoi que ce soit d’aussi has been. Non, vous, vous allez faire ça avec le style et surtout… avec une locomotive ! Ouaip, vous allez faire des figures de style, sauter au-dessus des obstacles, virevolter entre les rails à bord d’une vieille locomotive bien pourrie. Et rien ne vous empêchera d’aller drifter comme des fous à en faire pâlir de jalousie les joueurs d’Outrun et de Riiiiidge Racer ! Tout ceci n’a absolument aucun sens. Et c’est très bien comme ça.
Côté gameplay, tout ça fleure bon le jeu d’arcade des années 90. Une gâchette permet de préparer le saut, une autre d’engager un drift et de freiner, tandis que les deux gâchettes en même temps vous permettent de réaliser une esquive (oui, oui, tout est parfaitement normal) et que le stick droit permet de réaliser des figures en plein vol comme dans ce bon vieux SSX (bon, ok, je mens, j’ai jamais joué à SSX). Alors que le décor défile à grande vitesse, il va falloir être vif pour éviter de se manger un mur (dans le meilleur des cas).

D’un coup de gâchette gauche, vous partez en drift (imaginez que Magical Sound Shower tourne en fond sonore), d’un coup de stick gauche, vous virevoltez comme un ninja de deux tonnes d’un rail à l’autre et, souvent… vous terminez dans le décor si vous n’êtes pas suffisamment précautionneux ET rapide. L’air de rien, ça fait un certain nombre de mécaniques à ingurgiter dans un jeu qui vous oblige constamment à anticiper et à réagir au quart de tour et, sans surprise, vous risquez de multiplier les crashs au cours des premières parties (et des suivantes si vous êtes nuls, comme moi). Ce qui n’est pas bien grave vu que le jeu vous remet en selle en quelques secondes.
Tout comme ses deux aînés et modèles avérés, sortis chez Sega en 1999 et 2000 (à tel point qu’on ne serait pas surpris d’entendre le jeu vous balancer un vieux Offspring ou un No Doubt), Denshattack! opte pour des graphismes en cel-shading surchargés de couleurs et relativement naïfs dans leur représentation. Tout est fait pour vous en mettre plein les yeux et vous donner une impression de vitesse constante.

Ce qui n’était pas forcément gagné, mais le pari s’avère remporté haut la main pour nos développeurs barcelonais. Ici, tout respire l’immédiateté, le fun et l’arcade. On prend la manette en main, on fonce à 100 à l’heure, on se plante également à 100 à l’heure en rentrant dans le décor, puis on redémarre aussi sec jusqu’au prochain crash ou à la figure acrobatique improbable, les tentatives s’enchaînant sans le moindre temps mort.
À ce stade, j’ignore encore si le gameplay tiendra la distance et si le jeu offrira la rejouabilité qu’on imagine aisément, mais ça faisait longtemps que je n’avais plus testé un jeu d’arcade aussi jouissif et réjouissant pour les yeux. À vrai dire, j’imaginerais presque une version homebrew destinée à la Dreamcast tant ce jeu semble échappé de cet âge d’or du jeu vidéo.

Bien évidemment, suivre la ligne de chemin de fer et passer d’une ligne à une autre, c’est bien rigolo mais ça devient vite une routine ; aussi les créateurs de Denshattack! ont-ils multiplié les passages over the top avec des rails sur lesquels il faudra grinder en équilibre, et des obstacles qu’il faudra éviter en sautant ou en réalisant une esquive à la dernière seconde, ainsi que des pièges multiples et variés et des boss à affronter. Oui, oui, je suis pratiquement certain que, vous aussi, vous aviez oublié durant un bref instant que vous contrôliez une locomotive pendant ce jeu.
Tout comme ses aînés, Denshattack! va récompenser le beau jeu, tant dans son système de notation que dans les bonus qui vous seront offerts si vous osez emprunter les chemins les plus ardus pour récupérer des bombes de peinture ou les pellicules photos qui traînent un peu partout, et qui vous seront bien utiles pour customiser votre magnifique locomotive et lui donner enfin l’éclat qu’elle mérite avant d’aller affronter vos concurrents.

Parce que figurez-vous que Denshattack! est en réalité le nom d’un championnat illégal dans lequel s’affrontent les meilleurs riders de trains. Je vous jure, je n’ai pas halluciné et je suis parfaitement sobre, c’est effectivement le pitch du jeu.
Évacuons rapidement le synopsis qui ne semble avoir été écrit que pour justifier deux lignes sur la fiche descriptive du jeu : dans un futur dystopique (check), les humains sont obligés de vivre dans des villes enclavées et isolées de la nature par des dômes protecteurs (check) qui leur assurent assez d’oxygène tandis que les marginaux crèvent à petit feu au beau milieu d’une nature devenue particulièrement hostile. Une très très méchante mégacorporation (check), productrice de sodas en tous genres (check), est également à l’origine d’un système de chemin de fer souterrain qu’elle construit en privatisant, comme une grosse vilaine, tous les chemins de fer laissés à l’abandon à la surface.

Heureusement, des riders libres d’esprit et de corps entendent défier la mégacorporation maléfique en organisant un tournoi illicite sur les chemins de fer abandonnés. Nous serons tous d’accord pour penser que le scénario n’a pas vraiment d’intérêt et que nous sommes bien face à un bon vieux jeu d’arcade à l’ancienne comme Sega, Namco, Konami ou Gaelco auraient pu nous le proposer au début des années 2000.
Si tant est que vous ayez encore de l’affection pour ces jeux d’arcade qui sacrifient tout sur l’autel du fun et que l’esthétique pop et japanisante du jeu ne vous rebute pas, ne passez pas à côté d’une des très bonnes surprises de ces derniers mois et allez me faire péter ce compteur de scores.
Genre : Course / Aventure / Action
Développeur : Undercoders
Editeur : Fireshine Games, Boltray Games
Date de sortie : 15 juillet 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Course / Aventure / Action