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Styx: Blades of Greed

Comme le temps file ! La première fois que j’ai eu affaire à Styx le gobelin, c’était quand il était associé à l’orc Arkaïl dans Of Orcs and Men sorti en 2012. Depuis, Styx a été le héros de deux titres, Master of Shadows et Shards of Darkness, jeux d’infiltration où les muscles ne servaient plus à grand-chose. 10 longues années ont passé, les jeux d’infiltration sont tombés en désuétude et Styx n’était presque plus qu’un lointain souvenir. C’était sans compter sur Cyanide Studio qui devait être lassé d’alterner les courses de vélo et les matchs de Blood Bowl. Nous voilà donc replongés dans le monde Heroic Fantasy de notre gobelin avec ce Styx: Blades of Greed, qui va vous surprendre.

En fait non, pas du tout, mais à l’instar de notre Baalim national, je m’essayais aux effets racoleurs et aux cliffhangers. Derrière cette transition foireuse se cache en effet une vérité sans pitié : Styx: Blades of Greed, c’est comme les autres Styx, mais en 2026. Ce qui veut dire que si vous avez détesté les précédents, mieux vaut ne pas perdre votre temps avec cet épisode. Si par contre l’infiltration vous manque, si les sarcasmes du célèbre gobelin vous manquent et si vous êtes capables de fermer les yeux sur de menus défauts, alors installez-vous confortablement, on va discuter.

L’histoire commence directement à la fin de Shards of Darkness – que je n’ai jamais fini, mais je n’ai absolument pas honte de l’avouer – et voit Styx et ses camarades plus que désireux de se carapater de la cité impériale. Ils tombent fortuitement sur un capitaine de zeppelin auquel ils s’allient et qui les accompagnera à travers le monde d’Akenash afin de récupérer les fameux cristaux de Quartz dont Styx tire ses pouvoirs.

Un scénario convenu, heureusement fort bien amené par de belles cinématiques, qui reste un prétexte à nous balancer dans des environnements variés dans lesquels il va falloir se promener en se rappelant qu’absolument tout et tout le monde veut nous voir mort. Animaux comme humanoïdes. Au moins on n’est pas dépaysé.

Chaque mission du jeu va donc vous faire récupérer un cristal ou atteindre un objectif loin, très loin au milieu de la zone. Un objectif qu’il va vous falloir atteindre en vous… débrouillant. Il y a des dizaines de chemins, vous avez de nombreuses compétences, pléthores de pouvoirs, à vous d’imaginer comment atteindre vos objectifs.

Styx peut en effet grimper quasiment partout, se rendre invisible, poignarder par derrière, se cacher dans des tonneaux et autres armoires, créer des clones, lancer des fléchettes… La plus grande limite va être votre imagination ! Chaque niveau est en effet conçu pour offrir un vaste terrain de jeu où exploiter au mieux vos compétences. Vous pouvez la tenter 100% furtif et ne jamais vous faire voir, vous pouvez vous débarrasser physiquement des ennemis et cacher les corps, vous pouvez courir comme un débile en hurlant au milieu des gardes et… ah non, ça ne marche pas ça.

La grande force de Styx: Blades of Greed, c’est donc la totale liberté qu’il laisse au joueur et son level design très porté sur la verticalité. On prend en effet très vite l’habitude de lever – ou baisser – la tête pour trouver un chemin contournant les gardes, repérant les corniches où s’accrocher et les cordes à escalader. Mais on peut aussi empoisonner un tonneau où les gardes viennent se désaltérer…

L’intelligence de ces derniers est assez variable, ce qui rend certaines phases un peu étranges : si vous êtes détecté et survivez aux premiers coups d’épée, il vous suffira de courir vite et loin pour qu’ils renoncent. Bon, il y a de fortes chances qu’en chemin vous vous fassiez détecter par d’autres…

Le joueur de Styx: Blades of Greed donc donc être observateur et patient, et prendre le temps d’observer avant de partir bille en tête. Comme l’évolution de votre héros dépend de vos choix de déblocage. Vous pouvez développer votre clone ou le contrôle mental selon vos préférences de jeu, mais aussi améliorer compétences en crafting… Le développement de Styx est très bien pensé et les points de compétence suffisamment rares pour vous obliger à la réflexion.

Sur le papier, tout semble assez parfait dans Styx: Blades of Greed : le jeu est beau, Styx répond très bien, à la manette ou au clavier souris, il n’y a pas de gros bugs bloquants et la durée de vie est conséquente – et dépendra surtout de votre style de jeu. Il est bien évidemment recommandé de farfouiller partout pour trouver des ingrédients de craft pour vous concocter de nouvelles potions.

Quand on se penche d’un peu plus près, il y a par contre quelques menus défauts qui peuvent faire grincer des dents les moins patients. Prenons la maniabilité par exemple. Si en général Styx répond bien, il y a parfois des moments où il ne va pas s’accrocher où il devrait, ou alors la caméra va se coller à vous et vous empêcher de voir qu’il y a du monde juste à côté. Niveau graphismes aussi, on remarquera qu’à certains moments les textures peinent un peu à s’afficher et que les effets de lumière sont partis prendre l’apéro.

Rien de bien grave cependant, Styx: Blades of Greed est tout à fait jouable et ses environnements sont suffisamment jolis et variés pour vous immerger dans ce monde. Bon, si on avait pu avoir plus de vie dans les immenses niveaux du titre, cela aurait été mieux : les ennemis sont positionnés pour offrir un défi, un puzzle que le joueur va aborder à sa manière. On n’a pas vraiment d’avoir des PNJs qui vaquent à leurs occupations, cela reste très artificiel. Mais peut être que les développeurs ont estimé que la liberté totale laissée aux joueurs contrebalancerait cela.

S’il vous semble que je ne sais pas sur quel pied danser avec Styx: Blades of Greed, c’est parce que… c’est le cas. D’un côté on a ces immenses niveaux, pleins de promesses et de possibilités, et de l’autre on a un manque de polish évitable, un côté cheap qui plombe un peu le titre. Globalement mon expérience sur le titre est positive, je m’amuse comme un petit fou à essayer d’éliminer un maximum de personnes de la manière la plus inventive possible, mais les manques listés plus hauts gâchent parfois la session.

Styx: Blades of Greed est un pur produit Styx, comme au bon vieux temps. Il profite d’un nouveau moteur remis au goût du jour – mais pas parfaitement optimisé -, d’un monde ouvert gigantesque – mais pas assez vivant – et d’une multitude de moyens d’infiltration, qui eux ont un peu évolué par rapport aux précédents opus. Du neuf fait avec du vieux donc, de l’old school qui a bien vieilli pour certains, qui est dépassé pour d’autres.

Si je recommande ce titre, je peux comprendre les fans de la licence qui sont déçus, et même les amateurs d’infiltration qui auraient préféré un titre plus ramassé mais plus vivant. Pour ma part, la liberté totale, l’humour omniprésent et l’ambiance du titre me conviennent tout à fait. A vous de voir quelle est votre tolérance à tous les petits défauts évoqués !

Genre : Infiltration

Développeur : Cyanide Studio

Editeur : Nacon

Date de sortie: 19 février 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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