V pour Vendetta

V pour Vendetta et moi, nous avons une histoire particulière qui ne mérite pas un roman, mais permet de comprendre la place qu’il a dans ma bibliothèque. Je l’ai découvert dans la médiathèque de la ville où je travaillais, il y a fort longtemps. Seul dans ma chambre, je lisais ce monument. Complètement pris dans l’histoire, je me suis promis de l’acheter dès que possible. C’était en 2006. Impossible de le trouver à cette époque dans la moindre librairie. Il avait disparu des rayons. Trois ans plus tard, Panini Comics a commencé à ressortir certains classiques d’Alan Moore (Watchmen que j’ai offert et V pour Vendetta). J’ai sauté sur l’occasion et depuis, je le lis une fois par an.

V pour Vengeance

Ici, la voix.

Avant d’être une certaine vision de l’anarchie, V pour Vendetta raconte la vengeance d’une personne, dont nous ne verrons jamais le visage, contre ceux et celles qui l’ont détruit aussi bien sur le plan physique que mental. Une lente et méthodique mise à mort par un personnage aussi énigmatique que charismatique. Il rencontrera ou plutôt sauvera Evey lors de ses pérégrinations meurtrières. Elle fera office de pont entre le lecteur et la quête de V pour prendre son envol dans une seconde partie centrée sur elle, puis l’accompagner dans la dernière partie volontairement plus politique et ancrée dans une vision proche de l’anarchie dans un monde où la Grande Bretagne a sombré dans la dictature digne de Big Brother.

C comme criticable

La vie est un théâtre.

D’aucuns pourraient reprocher au trait de David Lloyd de manquer cruellement de couleurs, mais c’est oublier que le monde décrit est morne et triste. Le dessin est parfaitement dans le ton et même s’il a vieilli, il sert toujours le propos sans le dénaturer.

Le scénario d’Alan Moore est très réussi, mais inégal. La première partie est particulièrement solide tandis que la seconde et encore plus la troisième semblent vouloir transcender V au delà du simple rôle de vengeur. L’idée est louable et les moyens utilisés par V sont plus que contestables, mais ne semblent jamais vraiment souffrir de contestation tant les antagonistes sont particulièrement antipathiques ou pathétiques. A la fin de ma lecture, j’ai l’impression que l’oeuvre s’est voulu trop ambitieuse et le verbe de V ne fait que renforcer cet aspect. Parce que V est un orateur de haute volée par des répliques aussi mystérieuses qu’inspirées dont la célèbre : « L’anarchie a deux visages, celui du créateur et celui du destructeur. Le destructeur abat les empires, fait table rase. Pour que le créateur puisse y bâtir un monde meilleur.« 

I comme indémodable

V pour Vendetta fait partie de ces ouvrages cultes qui doivent passer entre les mains de tout lecteur recherchant un minimum de profondeur dans les livres avec des images. L’oeuvre a fini par acquérir un statut culte mérité et même si le film représente une exception notable dans les adaptations de comics au cinéma par sa qualité, il n’arrive pas à transcender le matériau d’origine, ni l’égaler.

Auteur : Alan Moore

Dessinateur : David Lloyd

Editeur : Vertigo (US), Urban Comics (VF)

Prix : 28 € 

Version Panini Comics lue et relue pour cet article. Celle d’Urban Comics a l’air de qualité.

Machiavel

Toujours à l'affût de ce qui peut piquer ma curiosité, peu importe le domaine avec une légère préférence pour les jeux vidéo, le cinéma, la littérature, les séries TV, les jeux de société, la musique, la gastronomie, les boissons alcoolisées et quelques autres petites choses . Ma curiosité est telle le tonneau des danaïdes, sans fond.

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