Trouble Witches Final! Episode 01: Daughters of Amalgam
Il y a des jours où l’infatigable testeur de jeux obscurs, héros des temps modernes, est terrassé par une indicible flemme. La perspective de devoir rédiger un article complet sur un jeu auquel il aura préalablement fallu jouer, histoire de conserver un minimum d’éthique professionnelle, lui semble alors insurmontable. Désespéré, le testeur à deux doigts du burn-out, ne peut que se tourner vers des solutions modernes et alternatives pour accomplir son devoir. Hop, il lance ChatGPT et lui demande, par un prompt d’un implacable professionnalisme, de rédiger un test en se faisant passer pour lui.
Hélas, triple fois hélas, le terrifiant rédacteur chef de Dystopeek a su en quelques instants déceler la supercherie. C’est donc contrit et désespéré que votre humble serviteur a dû se remettre à l’ouvrage et tester ce Trouble Witches qui nous vient à la fois du fin fond des âges et de la scène Dōjin.

Si le terme parlera probablement un certain d’entre vous, il n’est probablement pas inutile de rappeler que le Dōjin ou Dōujin est usuellement une création amateure en provenance du japon. Il peut s’agir d’un manga, d’un roman, d’un fanzine ou encore d’un jeu vidéo.
Lorsqu’il s’agit de jeux vidéo, il s’agira bien souvent de shoot’em ups, de jeux d’action ou encore de puzzles. Et le Dōjin est bien souvent disponible en freeware ou dans des démos très généreuses. Oui, c’est un peu l’ancêtre japonais du laboratoire indépendant qu’est Itch.io.

En effet, cette scène a été un terreau d’expérimentation pour toute une frange de joueurs intéressés par des genres vidéoludiques que l’industrie avait peu un peu désinvestis, voire abandonnés au bord de la route, histoire d’y crever gentiment et sans trop faire de bruit. C’est notamment le cas des shoot’em up qui, après avoir connu leur heure de gloire du début des années 80 à la fin des années 90 (estimation au doigt mouillé) sont brutalement devenus un genre de niche qui n’intéressait guère plus le commun des joueurs (et c’est comme ça qu’on passe à côté de Gradius V, bande de vilains !).
Fort heureusement, les développeurs indépendants ont su entretenir la flamme et permettre au genre de traverser les décennies jusqu’à opérer un petit retour en grâce dans le courant des années 2010. En l’occurrence, Trouble Witches, développée par Studio SiestA, tout droit sortie de l’empire du soleil levant, est une de ces séries qui vivotaient dans l’ombre, dans les recoins du monde PC, jusqu’à la sortie de l’opus NEO ! publié par SNK et, cette fois, disponible sur Xbox 360.

Plus tard, la série allait avoir droit en 2009 à une version arcade (AC) puis, en 2016, à une réédition du premier épisode sur Steam. Il a fallu attendre 2023 pour voir débarquer ce Trouble Witches FINAL! Episode 01: Daughters of Amalgam (ouf) sur Playstation 4 puis encore 3 ans pour qu’il ne débarque en 2026 sur PC, Switch et Playstation 5.
Bien évidemment, la question va être de savoir si le monde avait réellement besoin d’une réédition de ce jeu initialement sorti sur la précédente génération de consoles. Un premier coup d’œil à l’interface très très bigarrée du jeu permet de constater qu’il propose un mode Arcade et un mode Story.

Ayant eu l’extrême mauvaise idée de lancer le mode Story, je ne saurais que vous encourager à le zapper allègrement lui et ses cutscenes navrantes qui racontent une histoire sans intérêt entre personnages sortis des plus mauvais anime. Avec, en prime, le concours de la pire tête à claques vue dans un jeu vidéo récemment.
En gros, chaque niveau va être l’occasion d’opposer notre petite sorcière légèrement décérébrée (c’est pas moi qui le dis, c’est le jeu) à d’autres sorcières pré-adolescentes (sic) qui feront office de boss dans une sorte de test de fin d’année que l’héroïne a déjà réussi à foirer à plusieurs reprises avant d’aller affronter la grande méchante sorcière très très méchante.

Soyons honnêtes… je ne m’attendais pas à un scénario de haut vol dans un shmup, mais entre ici dans le domaine du franchement pénible. Pour conserver ce qui nous reste de santé mentale, on zappera allègrement les différentes phases de dialogue pour en arriver à l’essentiel, savoir les phases de tir. Et là, on peut dire que le jeu est assez propre visuellement sur Switch, surtout en mode portable, mais légèrement bordélique.
C’est bien simple, comme dans Deathsmile de Cave, chaque ennemi abattu dégueulera littéralement des tonnes de bonus rendant ainsi le jeu parfois assez peu lisible. Ces bonus sont en réalité des pièces de plus ou moins grande valeur qui vous seront fort utiles pour acheter de l’équipement supplémentaire dans les différentes boutiques flottantes qui parsèment les niveaux.

Entre les éléments du décor, les ennemis, les tirs en abondance et les pièces qui volent dans tous les sens, la principale difficulté du jeu, en mode normal tout du moins, consistera surtout à savoir lire ce qui se passe à l’écran. Et ça ne sera pas toujours gagné. Imaginez, si vous le pouvez, Wonder Boy III arcade en version over the top.
Un des mécanismes les plus intéressants du jeu consistera à utiliser une barrière magique pour échapper aux tirs ennemis. Le trucs, c’est que les tirs pris dans cette barrière se transformeront en pièces si vous flinguez leur expéditeur. Bien évidemment, cette barrière ne pourra être activée que durant un temps limité avant de se régénérer progressivement.

Comme évoqué plus haut, chacun ennemi vaincu laissera derrière lui un certain nombre de pièces. Détail malin, les pièces tomberont tout aussi vite en dehors de l’écran à moins que le joueur n’arrête provisoirement de tirer. Il sera donc déconseillé de faire le bourrin si l’on veut faire faire le plein d’argent.
En dernier lieu, le jeu propose les sempiternelles bombes en nombre limité qui feront le ménage parmi la piétaille et grattouilleront légèrement les boss. Comme dans tout bon shmup ou, dans le cas qui nous intéresse ici, cute ’em up, le jeu proposera plusieurs autres personnages en dehors de notre petite sorcière, qui posséderont bien évidemment des attributs différents. Classiquement, certains seront plus rapides mais moins forts, d’autres plus lents mais dotés d’une puissance de feu plus massive etc.
Au final, je suis un peu ennuyé et ne sais trop que dire de ce Trouble Witches FINAL! Episode 01 Daughters of Amalgam. C’est classique, plutôt correctement réalisé mais, au final, tout cela reste anecdotique et sans grande saveur.
Je ne doute pas que les aficionados et les amateurs de jeux comme Cotton 100% et les fans de scoring pourront plus ou moins y trouver leur compte mais Trouble Witches ne possède tout simplement pas assez de qualité pour garder un joueur lambda scotché à sa manette. Vite joué, sans déplaisir, le jeu retombera, pour la plupart d’entre nous, rapidement dans l’oubli.
Genre : Shoot’em up / Bullet Hell
Développeur : Studio SiestA
Editeur : ININ Games
Date de sortie : 15 décembre 2025
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Shoot’em up / Bullet Hell