Jeux vidéoJouer

The NewZealand Story : Untold Adventure

Mais qu’est-ce qu’ils ont fait à mon kiwi ? Qu’est-ce que c’est que cette tronche de flappy bird mal digéré ? Ok, The NewZealand Story n’était pas forcément le plus beau jeu d’arcade à sa sortie mais quelqu’un peut m’expliquer ce que c’est que ce lifting à base d’animations flash moisies du début des années 2000 ? On croirait une vieille starlette sur le retour qui s’est fait salement louper par son chirurgien.

Le premier indice pour expliquer ce choc oculaire, c’est que ce n’est pas un jeu Taito mais un jeu sous licence Taito puisqu’il est, en effet, développé sous la férule de Square Enix, qui possède la marque depuis plusieurs décennies, par le développeur Bitobit. C’est une subtilité mais elle explique probablement pas mal de choses.

Derrière ce nom un brin trompeur se cacherait une équipe dont The NewZealand Story: Untold Adventure serait la première réalisation. Tout va bien, ne paniquons pas. En tout cas, pas tout de suite. Donc oui, maintenant que nous avons ciblé au bazooka l’éléphant qui se cachait – maladroitement – dans la pièce, la question qui se pose est est-ce que ce The NewZealand Story: Untold Adventure est un bon jeu ou une ignominie visant à saboter nos souvenirs d’enfance ?

Contre toute attente, la réponse est finalement plus nuancée que cette intro ne pouvait le laisser penser. Car si Untold Adventure est assez moche et ressemble effectivement à une production flash du début des années 2000, il convient quand même de se rappeler que l’original n’était pas franchement un premier prix de beauté lorsqu’il est sorti en 1988 sur arcade avant de se retrouver adapté sur la majeure partie des machines de l’époque.

Je pète la forme !

À la base, The NewZealand Story raconte l’aventure de Tiki, petit kiwi partie à l’aventure pour délivrer ses congénères qui ont été capturés par une grosse méchante baleine qui veut tous les embarquer dans un zoo, présente un visuel assez sommaire qui le rapproche bien plus du mythique Bubble Bobble que du très joli Liquid Kids, tous deux également signés Taito.

Les décors sont mignons sans plus mais colorés et l’animation pas particulièrement impressionnante mais là où The NewZealand Story marque les esprits, c’est dans sa capacité à prendre le meilleur des deux jeux précités pour proposer des niveaux assez ouverts et piégeux qu’il faudra parcourir bien souvent avec des engins volants récupérés sur les cadavres encore fumants de vos ennemis. Oui, comme ça, ça sonne un peu comme Conan qui prendrait une montgolfière mais en plus meugnon.

On est d’accord ? C’est moche ?

Contrairement à la majorité des jeux de plateforme de l’époque, The NewZealand Story proposait des niveaux bien plus vastes et multidirectionnels. Et c’est bien évidemment toujours le cas dans ce remake. Ainsi, dans les deux premiers mondes, il ne sera pas rare de devoir escalader des plateformes à la Rod Land ou Snow Bros avant de prendre la fuite par les airs en chevauchant une sorte d’oie (Nils Rogerson represent) et de se retrouver en apnée dans un segment aquatique.

Ajoutez à cela différents pièges et pics hérissés qui préfigurent des années plus tard ce que seront les jeux de plateforme masocores à la Super Meat Boy (qu’est ce que je hais ce jeu du démon) et vous obtenez un cocktail relativement détonnant pour l’époque.

Oui, ce sont des kiwis mais des kiwis moches.

Si vous jetez en plus dans ce cocktail de multiples armes plus ou moins absurdes (rappelons que vous incarnez un petit kiwi tout mignon), vous vous trouvez avec un titre dont les joueurs se souviennent suffisamment pour qu’il ait intégré de multiples compilations retrogaming (l’une des meilleures étant la version PS2, nettement moins radine que ses sœurs cadettes) avant d’avoir droit à une version remake près de 40 ans plus tard.

Ce n’est pas un mince exploit quand on voit le nombre de jeux sortis en arcade depuis l’antique Pong. Alors, quid de cette version 2026 en dehors de ces graphismes susceptibles de vous fracasser la cornée ? Techniquement, c’est correct même si, je le répète, le style graphique risque très fort de diviser. Les musiques sont tout à fait dans l’esprit de ce qui se faisait en arcade à l’époque tandis que le personnage répond au doigt et à l’œil.

Oui, même les ballons ont l’air de sortir d’un freeware fait sur flash.

Les plus sagaces ne seront pas surpris de voir que l’ensemble tourne particulièrement bien, que ce soit sur PC ou sur Steamdeck. À quel point que je me demande toujours pourquoi il existe une option 30 images par seconde. Probablement un truc pour permettre au jeu de tourner sur un hardware de 1988, à moins que je n’ai loupé l’option ray tracing. Vu la tronche du bousin, j’en doute un peu.

Sur le fond, pas grand-chose. Après avoir fait tuer votre kiwi une petite dizaine de fois, les vieux réflexes reviennent et vous retrouver le gameplay assez frénétique de la version d’origine. Hop, je bute les bernard-l’hermite grâce à mes flèches avant de récupérer un laser qui va me permettre de trucider nounours et de lui piquer sa tête de chameau qui vole. Vous croyez que je viens de faire un AVC ?

Pas du tout, je viens de décrire les 30 premières secondes du premier niveau de The NewZealand Story. Histoire de vous donner une idée, c’est un peu un mix de tous les jeux de l’époque et surtout de ceux de Taito puisqu’on y retrouve à la fois du Bubble Bobble, du Rainbow Island, du Liquid Kids ou encore du Rod Land (oui, c’est un imposteur, car signé Jaleco).

Et, passer les premières minutes de stupéfaction, ça fonctionne presque aussi bien qu’à l’époque. On prend un coup, un deuxième, un troisième et notre petit kiwi va rejoindre ses ancêtres et on relance aussitôt une partie en se disant que cette fois, j’ai bien mémorisé le placement des ennemis et des pièges je vais y arriver.

Un peu d’eau, histoire de changer. Bon, ça reste moche.

Et 40 minutes plus tard, on y est toujours. C’est donc du bon vieux die & retry (crève, salaud de joueur, crève, pleure du sang et va en Enfer !) qui n’a pas pris tellement de rides depuis nos vieilles consoles 8 bits. Bien évidemment, il ne faudra pas trop en attendre de ce qui reste essentiellement un trip nostalgique. Ici, pas d’intelligence artificielle, pas de surprises, pas de niveaux générés aléatoirement.

D’une partie à l’autre, les ennemis apparaissent dans les mêmes quantités et au même endroit sans variation, les pièges seront toujours placés de la même manière et le petit kiwi à délivrer de l’horrible grosse et méchante baleine (mais non, je ne suis pas grossophobe, elle est littéralement décrite comme ça) restera bien sagement à sa place en attendant l’intervention de son sauveur, quand bien même ce dernier s’y reprendrait à de multiples reprises pour parvenir à ses fins.

Est-ce que je vous ai dit que le jeu est… Ah, plusieurs fois ? Vraiment ?

Il ne faudra pas plus en attendre des gros méchants boss qui vous attendront bien sagement à la fin de chaque monde et qui répéteront inlassablement les mêmes attaques, cyclant entre les mêmes phases, à l’instar de cette baleine gelée dont la troisième du combat rappellera probablement des souvenirs aux vétérans du Flood de Peter Molyneux (ah, vous ne l’aviez pas vu venir, celle-là).

En même temps, est ce que les boss d’Elden Ring, sorti 35 ans plus tard, sont vraiment différents ? Les joueurs qui sont morts des dizaines et des dizaines de fois devant Radahn, Malenia ou Radagon ne me contrediront peut-être pas. Zut, j’ai envie de relancer une partie maintenant. .Mais revenons à nos kiwis.

Le gros méchant boss du premier monde !

Si l’on omet la tentative plus ou moins ratée de résurrection de la série en 2027 avec la version Nintendo DS, c’est la première fois que les choses bougent autrement que dans le cadre d’une simple compilation retrogaming dans le cas The NewZealand Story et ça, c’est déjà quelque chose pour les vieux fans. En amenant avec elle (des graphismes dégueulasses) un niveau et un boss inédit, le développeur Bitobits (pas franchement le meilleur nom au regard de la situation) ne se contente pas du strict minimum. On peut au moins lui reconnaître ça.

Si l’on peut légitimement se demander ce qu’aurait donné un tel remake entre les mains des génies français de Lizardcube, il faut bien admettre que si le jeu a une sale trogne, il conserve néanmoins de beaux restes. Mignon mais fourbe, accessible mais impitoyable, ouvert mais contraint par un timer scélérat, ce The NewZealand Story: Untold Story est une chouette madeleine de Proust. Ne vous laissez pas, tout comme moi, abuser par son allure de jeux biscuits tout sec et moisi, prenez la manette, acceptez le challenge et ne le laissez aucun kiwi derrière vous, Marines !

Genre : Arcade

Développeur : Bitobit

Editeur : Bitobit

Date de sortie : 27 février 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Baalim

Vieux joueur, atariste convaincu, collectionneur de trucs bizarres et hétéroclites, geek à ses heures perdues, pratiquement certain de n’avoir rien signé et de ne pas être payé, il se demande encore ce qu’il fait là.

2 réflexions sur “The NewZealand Story : Untold Adventure

  • Ca fait du bien de voir un retour positif, merci Baalim

    Répondre
    • Harvester

      C’est vrai qu’il est un peu à contre-courant ces temps-ci, notre Baalim national.

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *