Sherman Commander
Sherman Commander n’est pas le premier jeu à vous mettre dans la peau d’un chef de char, ce n’est pas non plus le seul titre à tenter d’offrir une expérience arcade et simulation à ses joueurs. La grande nouveauté du titre par rapport à d’autres du genre c’est que vous n’êtes pas seul, des forces alliées vous accompagnent et c’est à vous de leur donner des ordres, soit via une carte tactique soit directement en étant aux commandes de votre char.

Petit point positif pour commencer, le jeu va directement vous permettre de jouer soit à la campagne complète soit à des mini campagnes découpées par pays (France, Belgique, Allemagne) et ne vous force pas à passer par la case tutorial (je sais que pour certains un bon tuto est important, j’aime pour ma part découvrir par moi-même et je passe rarement par cette case si je peux l’éviter).
Les contrôles sont assez simples pour toute personne ayant joué à un jeu de tank ces dernières années, là où ça se complique c’est pour donner des ordres sans passer par la carte tactique. J’ai rapidement abandonné l’idée tant la précision est hasardeuse malgré l’inspiration du mode de bataille de Mount & Blade, mais le jeu utilisant la touche shift pour voir les ennemis marqués et pour donner des ordres m’a vite convaincu de ne l’utiliser que pour sa première fonction (ce qui ne m’a pas empêché par erreur d’envoyer un ordre malencontreux).

On va donc, aux commandes de notre Sherman, gambader joyeusement dans différents environnements pour tenter de capturer certains points tout en essayant d’envoyer nos troupes en éclaireurs. A votre disposition vous aurez de l’infanterie, des mitrailleurs, des unités anti-chars et bien sûr d’autres Sherman. Les pertes alliées n’influencent pas la réussite de la mission mais en revanche elles surviennent très rapidement, à vous donc de ne pas vous retrouver dépouillé et aveugle en fin de partie.
Chaque char allié peut supporter deux coups au but, vous laissant quand même le loisir de réagir quand ça devient chaud et votre char lui semble supporter un peu plus mais pas trop quand même. Pas question donc de foncer dans le tas… sauf quand il s’agit de prendre l’ennemi à revers.

Car celui-ci, nombreux, est prépositionné sur la carte (parfois bizarrement avec de l’infanterie qui reste à découvert) et va surtout réagir à votre présence. Alors quand je dis votre présence, c’est celle de vos alliés et vous, mais surtout de vous, c’est-à-dire qu’à choisir l’IA va abandonner sa cible pour vous cibler si elle en a l’occasion, ce qui est un peu ridicule.
L’IA n’est en effet pas le point fort du jeu, l’infanterie ennemie va foncer droit devant pour reprendre un point perdu sans réel soutien ni stratégie, elle va aussi joyeusement tirer sur votre tank car elle ne s’adapte pas à la difficulté choisie. Dans le mode simulation, vous aurez différentes positions qui vont déterminer la vue que vous aurez mais exposer aussi votre commandant de char, sans ce mode là il y a donc une certaine logique là derrière.

Graphiquement le jeu tient, l’environnement est destructible, les petits éléments en roulant dessus et les plus gros en tirant dessus. En début de partie, les buissons posent problèmes car les obus ne les traversent pas mais le char non plus, je suppose pour simuler le bocage normand mais c’est plus frustrant qu’autre chose.
Les cartes sont jolies et je n’ai pas eu de problème technique majeur. Après le jeu n’offre pas une complexité énorme, il y a certes des dégâts localisés pour votre char mais avec aucune interaction du joueur à part attendre un peu et qui ne va pas trop vous impacter à part votre vitesse. Je ne suis pas certain que le côté simulation offre beaucoup plus.

Le souci vient plus du design du jeu, sans être mauvais, celui-ci n’offre rien de bien captivant car la majorité du temps vous donnerez vos ordres sur la carte entre autres à cause du problème de touches mentionné plus haut mais simplement par soucis de précision… sauf que si vous n’avez pas de ligne de vue vous ne savez pas ce qui se passe et le comportement de vos alliés n’est pas toujours… convaincant.
L’infanterie va s’arrêter plutôt que d’attaquer un ennemi à côté d’elle ou d’entrer dans un bâtiment, le char va foncer au combat rapproché plutôt que de démolir à distance et puis en général ne faire usage que de son canon. Et puis vous perdez des hommes sans trop comprendre pourquoi parfois par manque de retour audio.

Alors si la musique du menu m’avait donné bon espoir dans le titre, les dialogues audios eux sont tout simplement pénibles. On a droit à une répétition de tout ce qui se passe dans le char avec des éclats infantiles tel que « Youhoo Ouaaais », on croirait entendre Jake Loyd dans la menace fantôme.
Ce qui fait qu’on essaie de ne plus y porter attention pour ne pas que ça porte trop sur les nerfs, en revanche on manque d’informations que ce soit audio ou visuelle sur ce qui se passe réellement pour nos alliés à part quand un char est touché.

Au final, la meilleure tactique reste de nettoyer la zone de départ (parce que le placement des troupes ennemies n’est pas lui non plus très logique et vise juste à faire de la masse), établir un périmètre et puis prendre tout le petit monde utile pour faire le tour des points à capturer dans le sens inverse de celui attendu comme ça les canons AT (Anti-Tank pour les néophytes) sont dans le mauvais sens quand vous vous pointez.
Ca fonctionne bien mais du coup un certain ennui s’installe après x cartes, qui sont jolies certes mais… voilà, le tout manque de vie, de tension, d’événements même scriptés qui ajouteraient à l’immersion.

Pas d’artillerie ni d’aviation, pas de moments de tension qui vous font dire « oula ça va être chaud ». Certes il y a différents types de tanks ennemis, ils vont parfois se réfugier derrière une baraque mais s’il vous reste des alliés, il suffit de garder un œil dessus pour le prendre à revers.
Vous l’aurez compris, Sherman Commander ne m’a pas convaincu. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, ce n’est pas non plus un mauvais jeu en soit, mais voilà lorsqu’un titre en Early Access est parcouru de bugs on peut encore espérer que les développeurs redressent la barre avec le temps, ici c’est plus compliqué pour des choix de design qui manquent vraiment d’inspiration.

Certes, le prix n’est pas trop élevé mais je doute que ça suffise pour convaincre la plupart des joueurs surtout que contrairement à Call to Arms: Panzer Elite, Sherman Commander n’a pas de multijoueur pour sauver l’IA décevante.
Sherman Commander est un petit jeu, axé arcade, avec des environnements jolis mais qui ne vous offrira pas une expérience mémorable, je recommanderai donc plutôt de le prendre en solde pour les plus curieux et les collectionneurs parmi vous.
Développeur : Iron Wolf Studio S.A.
Editeur : Daedalic Entertainment
Date de sortie : 14 mars 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

