Scriptorium: Master of Manuscripts
Vous nous connaissez, il n’y a rien que nous aimons plus que les trucs idiots : jeux de société, films, Baalim et bien entendu les jeux vidéo. Alors quand Yaza Games, le studio à l’origine du très idiot Inkulinati, revient avec Scriptorium: Master of Manuscripts, une production à la direction artistique tout aussi médiévale, je ne peux que me frotter les mains. Bon, il y aura moins de combats et de pets, mais il y a toujours des lapins c’est déjà ça.
Il faudrait d’ailleurs leur demander d’où leur vient cette fascination pour ces mammifères à longues oreilles, la réponse pourrait valoir son pesant de cacahuètes. Mais en attendant, penchons-nous sur leur nouveau titre qui semble tout aussi barré que son grand frère. Dans Scriptorium: Master of Manuscripts vous dirigez un jeune artiste qui reprend à son compte l’atelier de son oncle (dont il n’a aucun souvenir) et qui ressemble furieusement à Yoda.

Votre but dans la vie ? Honorer les commandes de vos clients qui veulent de beaux manuscrits richement illustrés. Mais attention, il faut que vos œuvres collent au thème qu’ils auront choisi. Cela va du chevalier dont vous mettrez en images la bravoure dans son combat contre une tête volante, à l’employée royale qui veut que vous fassiez une interdiction de se baigner (parce que sinon le Roi va se baigner avec n’importe qui).
Les thèmes sont idiots, très idiots même, et il va falloir utiliser des esquisses réparties dans moultes catégories pour remplir les critères validant la commande. Bien entendu vous êtes totalement libre de mettre ce que vous voulez et si on pourrait être tenté de juste empiler des motifs, on s’aperçoit bien vite qu’il est bien plus marrant de faire l’œuvre la plus… – j’allais écrire réaliste mais on en sera loin – fidèle à la vision du client.

Et ça marche. Il veut des lapins ? Ok, on va en mettre des tout faits, puis on va quand même en cacher dans le décor avec des bouts de membres. Tiens, on va leur mettre des chapeaux aussi, c’est rigolo. Et tiens, dans son Arche, on va lui rajouter des chevaux avec des singes qui font la vigie. Et on déroule, limité uniquement par son imagination et les esquisses disponibles.
Et quand vous en manquez, il suffit d’aller voir le Diable qui vit dans votre Scriptorium, il en a plein à vendre : des armes, des humains, des animaux ou des décors, demandez il l’aura ! Et si d’aventure cela ne vous suffisait pas, pas de panique vous pourrez rajouter de belles couleurs que vous aurez vous-même trouvées en combinant les pétales de fleur de votre jardin.

Tout ceci vous permettra d’honorer un maximum de commande, qui vous feront gagner du prestige qui servira à améliorer votre Scriptorium en plaçant notamment des… chats. Parce que bon, il ne faut pas déconner, que serait un jeu sans chats ! C’est totalement inutile donc indispensable et on s’amuse à aménager son petit chez-soi entre deux gribouillages.
Revenons à eux, car ils sont le cœur du gameplay de Scriptorium: Master of Manuscripts. Les outils de dessin sont très puissants et vous permettent de jouer avec la taille, orientation, couleur ou profondeur de champ. Il devient alors très simple de faire les croquis les plus délirants et même les gens très… doués en dessin comme moi peuvent espérer rendre une copie réussie. Inutile d’avoir le sens des proportions ou de savoir dessiner à main levée, vous collez un truc sur la feuille, le bidouillez avec les outils et hop c’est tout bon.

La question de la lassitude s’est par contre vite posée alors que j’étais devant Scriptorium: Master of Manuscripts. Est-ce que le jeu allait savoir se renouveler ? Ou étais-je parti pour une dizaine d’heures à faire encore et toujours la même chose ? Et bien à ma grande surprise, le titre parvient sans forcer à maintenir notre intérêt en nous proposant toujours plus d’esquisses et de matériel, en fournissant des commandes toujours farfelues.
Alors c’est sûr, je ne vais pas faire des sessions de 6h de rang dessus, mais par petites séances d’une ou deux heures, en s’appliquant à faire des dessins les plus cons jolis possibles, Scriptorium: Master of Manuscripts reste très fun et frais et assouvira sans peine la fibre artistique qui sommeille en vous et que, par respect pour l’humanité, vous avez toujours gardée profondément enfouie. Parce qu’il y a des choses que les gens ne sont pas prêts à voir.

Deuxième réalisation pour Yaza Games et deuxième succès populaire, en espérant que les ventes suivent. Le jeu se prend en main en quelques minutes, ne souffre d’aucun réel défaut – allez, en chipotant on pourrait demander une fonction de recherche dans les esquisses et des info-bulles pour identifier celles qui ne sont pas très parlantes – et tournera sur n’importe quelle machine.
On peut même y jouer en couple, chacun apportant sa vision devant les requêtes des clients qui ont la bonne idée de nous parler et de se dévoiler petit à petit. Et si vous en doutiez, je vous le dis : oui on peut partager ses créations avec la communauté. Un très bel ovni bien cosy et relaxant comme il n’y en a guère !
Genre : Jeu de dessin
Développeur : Yaza Games
Editeur : Mythwright
Date de sortie : 16 avril 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Jeu de dessin