Early Access: Aska
Bon, on a fait le paléolithique, on a fait le futur, on pourrait faire causer d’Until North Ends mais on va se garder ça sous le coude pour le moment et plutôt causer d’Aska, vu qu’on est entre bourrins adeptes de muscles saillants et de barbaque sanguinolente. Non ? Mais vous aimez au moins les tatouages et les barbes hirsutes quand même ? Non ? Bon ben il va être long cet article…
Aska, c’est le jeu de survie Viking commencé par Sand Sailor Studio en 2024. Oui ça commence à faire une paille mais bonne nouvelle, ça a sacrément de la gueule. Regardez-moi ces captures d’écran, avec ces corps tatoués, ces squelettes éparpillés et ces villages !
Ah c’est beau, c’est très beau même et ce qui est encore mieux, c’est que vous n’allez pas devoir tout faire tout seul. Bon au début, comme vous vous échouez sur un rivage désert, c’est un peu à vous d’aller chercher du bois et de construire une paillasse pour vous reposer. Et de petit à petit construire de quoi être plus à l’aise.
Et ça va vite, les ressources sont très abondantes, même en nourriture, et rien n’est bien compliqué à faire. On court à droite, on court à gauche, on évite les sortes d’esprits qui flottent un peu partout. Jusqu’au moment où on a la possibilité de construire une sorte d’autel depuis lequel invoquer des villageois.

Chacun d’entre eux a des forces et faiblesses ainsi que des spécialités. Une fois arrivé, le (ou la) villageois doit être logé et affecté à un poste de travail. Il va donc, selon les besoins, se retrouver à couper du bois, ramasser de la nourriture… Il y a beaucoup de postes à pourvoir, beaucoup de travail à faire pour se préparer aux nuits et surtout à l’hiver qui s’annonce rude (et qui arrive, donc).
Et Aska passe alors d’un jeu de survie-crafting très réussi à un jeu de gestion et ensuite d’exploration. En effet, comme les villageois travaillent d’eux-mêmes sur la collecte de ressources et la construction, vous êtes enfin libres d’aller explorer. Et de prendre des coups.

Parce qu’Aska n’est pas Honeycomb et que le monde d’Aska est rude, limite sadique. Rien d’insurmontable je vous rassure, mais il va falloir faire attention quand vous partez à l’aventure, ça saigne très vite. Et cela renforce le côté survie et l’immersion car cela se prête tout à fait à l’ambiance.
Elle est d’ailleurs très réussie, avec un climat rude, des pluies diluviennes alternant avec des tempêtes et des moments d’accalmie où on a presque envie de se poser pour admirer le paysage. Ce qu’on ne fera pas bien entendu tellement il y a à faire. Construire, trouver de nouvelles recettes, construire encore pour faire grossir ce village. Viser la Grande Halle, le bateau aussi. Tant de travail !

Et comme l’exploration et la construction ne suffisaient pas aux développeurs, ils ont décidé d’implémenter une petite composante tower defense avec des attaques nocturnes de revenants. Rien de bien méchant, vous n’allez pas devoir reconstruire votre village chaque matin, mais une nuisance suffisante pour vous obliger à constamment maintenir vos défenses.
Tout est donc au beau fixe dans Aska ? J’aimerais répondre que oui. Si le jeu est encore en Early Access, il a déjà de très solides bases techniques, avec comme nous l’avons déjà vu un moteur physique et graphique costaud qui présente bien. Le seul gros souci du jeu vient plutôt de l’IA des villageois. Enfin, de leur manque de jugeotte plutôt. Ils se retrouvent bloqués très rapidement, incapables de trouver les bonnes ressources dans l’environnement ou même dans le village si elles ne sont pas directement accessibles.

On se retrouve donc avec des chantiers qui n’avancent pas ou des coffres qui ne se remplissent pas juste parce que Knutt n’a pas vu la souche devant lui. C’est un peu pénible, ça oblige à pas mal de micromanagement et de surveillance et on espère que c’est un axe de travail prioritaire pour les développeurs.
A part cela, je dois avouer que l’expérience sur Aska est extrêmement agréable, surtout en sortant d’Honeycomb. Ce dernier n’est pas mauvais mais tout y est… plat, sans trop de saveur. Dans Aska c’est l’inverse. Chaque bâtiment construit est une petite victoire, chaque zone explorée ressemble à l’Everest, le jeu arrive à insuffler un côté épique que je n’avais pas rencontré depuis un moment.

Alors non, Aska n’est pas encore fini, mais oui, il mérite le coup d’œil et de nombreuses heures. Sa gestion de village est très bien pensée – mais manque encore d’un coup de polish -, la progression du joueur est constante et gratifiante avec toujours quelque chose à faire. On a vraiment l’impression de s’établir durablement dans ces contrées inhospitalières si riches en aventures.
Un peu plus cher que ses concurrents (comptez 25€, soit le prix d’un verre d’eau dans un concert), mais bien supérieur globalement, Aska est un des titres que vous vous devez d’essayer si vous aimez le genre ou si vous êtes désireux de vous y mettre et que le thème vous plaît. Parce que bon, barbes, tatouages et grosses haches. Non, toujours pas ?
Genre : Survie viking
Développeur : Sand Sailor Studio
Editeur : Thunderful Publishing
Date de sortie en Early Access : 20 juin 2024
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Survie viking