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Cairn

Amis de la grimpette et des grands espaces, bonjour. Les montpelliérains de chez Game Bakers sont de retour avec un jeu que j’attendais avec impatience : Cairn. Si vous aviez essayé la démo et qu’elle vous avait plu, vous étiez probablement, comme moi, excités à l’idée d’enfin pouvoir mettre vos mains sur la version complète. Après un report de quelques mois, l’heure est enfin venue.

Dans Cairn, vous incarnez Aava, une alpiniste assez célèbre dans son milieu, et qui a décidé de s’attaquer à l’ascension du Mont Kami, un sommet qui a déjà eu la peau de nombreux alpinistes expérimentés, mais que personne n’a réussi à conquérir lorsque commence notre aventure. Ce n’est certainement pas ça qui effraye Aava, plus déterminée que jamais (et sûrement un peu masochiste aussi, il faut bien l’admettre), et après un petit échauffement qui sert de tutoriel au nouveau joueur, la voila partie, en compagnie de son petit robot d’escalade, à la conquête du sommet.

Avant d’entrer plus dans les détails du gameplay, une première constatation saute aux yeux, et pas des moindres, le jeu est magnifique. Ce n’est pas très étonnant quand on considère que la direction artistique a été confiée à Mathieu Bablet, qui a déjà fait ses preuves dans le monde de la BD. Tout est beau, de l’environnement jusqu’aux multiples écrans de chargement, on ne s’en lasse pas. J’ai rarement fini une partie avec autant de captures d’écran (ne vous laissez pas tromper par la qualité des captures de cet article, j’ai fait l’intégralité du jeu en qualité minimale sur mon Steam Deck).

Si les graphismes et la bande sonore donnent une impression de calme et de plénitude, ne vous laissez pas tromper, Cairn est loin d’être une promenade de santé. Le jeu se voulant le plus réaliste possible dans la reproduction de l’escalade, vous allez donc souffrir. La formule mise en place par les Game Bakers est cependant très efficace : la montagne est là, entière et libre à vous de vous y frayer un chemin de la façon que vous voulez (où celle que vous pourrez surtout).

Les mécaniques du jeu sont simples : vous contrôlez chacun de vos membres de manière indépendante et précise, et à vous de chercher comment placer chacun afin de progresser sur la paroi. Et là, tout entre en jeu. Que ce soit votre position la tension de chaque partie de votre corps, la qualité de vos prises et de vos appuis, la météo et j’en passe… tout va venir influer votre adhérence à la paroi et votre capacité à tenir la position. Dans le cas contraire, vous risquez bien de lâcher prise et possiblement finir morte au fond d’une crevasse, selon où vous vous situez.

La physique très ragdoll de la chute est parfois un peu frustrante, car les rebonds ou glissements un peu improbables mèneront parfois à votre mort, mais c’est sûrement une contrepartie de la mécanique de grimpe. Quoi qu’il en soit, on s’y fait vite et ça incite encore plus à faire attention. D’ailleurs, à part en mode Free Solo (probablement pensé pour les masochistes de la montagne), vous avez quelques pitons à votre disposition afin de vous assurer. Cela aide à la fois à ne pas perdre votre progression entière, mais aussi sûrement à vous sauver la vie en cas de chute. Et à moins d’être un expert, chutes il y aura, souvent accompagnées d’un cri de frustration d’Aava. À chaque retour sur une surface plane, vous avez la possibilité d’envoyer votre petit Climbot récupérer les pitons utilisés afin de vous en resservir plus tard.

Au cours de votre randonnée, vous trouverez aussi quelques objets qui viendront vous aider à la fois à avancer dans votre expédition, mais aussi simplement à survivre. Car, en mode normal tout au moins, il vous faudra aussi penser à boire, manger et maintenir votre chaleur corporelle afin de survivre dans cette montagne hostile, contrairement à tous vos prédécesseurs. Et parfois même, vous pourrez trouver des documents qui vous montreront des tracés possibles sur certaines sections de la montagne, tracés colorés en fonction de leur difficulté supposée. Bien entendu, ces tracés ne sont qu’une suggestion, et libre à vous de passer exactement par où vous voulez.

Éparpillés dans la montagne, vous trouverez aussi de petits autels, sculptés dans la roche, où vous pourrez sauvegarder votre partie. Vous pourrez également y planter votre bivouac, et croyez-moi, vous serez bien contents de pouvoir faire un break. Dans votre petite tente, qui vous protège tant bien que mal des éléments hostiles, vous pourrez vous reposer, réparer vos pitons si besoin, vous cuisiner (ou réchauffer) des petits plats un peu rudimentaires, mais qui pourront grandement vous aider.

Cairn est dur, vous allez souffrir, vous allez tomber, encore et encore, vous relever (ou pas) et reprendre votre ascension. Mais Cairn est aussi tellement satisfaisant, quand, après de multiples tentatives infructueuses, vous arrivez enfin à passer une section de montagne qui vous donnait tant de fil à retordre. Et puis, si jamais l’aventure devient trop dure pour vous, The Game Bakers ont heureusement prévu quelques options d’accessibilité pour vous simplifier la tâche si le besoin s’en faisait sentir.

Le seul reproche que j’aurais à faire à Cairn (oui, malgré ce Dystoseal), c’est sa gestion un peu douteuse de la reconnaissance que vous êtes arrivés sur du plat. 95% du temps, ça fonctionne correctement, mais parfois, on arrive sur une aberration où Aava continue de grimper, alors que ça ne devrait pas être le cas.

Alors oui, la plupart de ces occurrences sont inoffensives, voire un peu comique, mais il est aussi possible que parfois ça aboutisse à votre mort, à cause de l’effet ragdoll mentionné plus haut. De même, le bouton pour lâcher la paroi fait en réalité faire à Aava un petit mouvement en arrière… et je vous laisse imaginer le résultat si vous êtes à l’extrême bord de la falaise. J’espère que ce sera rapidement corrigé par les développeurs tant cela peut aboutir à un sentiment d’injustice et de frustration.

Au final, s’il est un peu tôt dans l’année pour crier au GOTY, Cairn se pose déjà au rang des futurs candidats au titre sur mon étagère. Le jeu est certainement ce qu’il essaye d’être, la meilleure simulation d’escalade en jeu vidéo à ce jour, et dans tous les cas un très bon jeu si vous êtes patients et qu’un peu d’échec ne vous fait pas peur. J’ai adoré l’expérience, et malgré mes très nombreuses morts et ma longue souffrance pour finir le jeu, je n’avais qu’une envie : recommencer une partie.

Site officiel

Développeur : The Game Bakers

Éditeur : The Game Bakers

Plateforme : Steam, GOG, PS5

Date de parution : 29 janvier 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

EvilBlackSheep

Experte en procrastination.

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