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The Mound: Omen of Cthulhu

En grand fan de HP Lovecraft, j’avoue toujours garder un œil sur les jeux tirés de son univers mais malheureusement, ils sont bien souvent mauvais ou anecdotiques. Pas tout le temps, il y a parfois de très bonnes surprises et j’avoue que j’espérais très très fort que ça soit le cas pour The Mound: Omen of Cthulhu, développé par Ace Team (Rock of Ages, Zeno Clash…) et surtout édité par Nacon, dont la spécialité ces derniers mois semblent être de sortir des jeux qui pourraient être très bons mais qui trébuchent en chemin.

Alors, The Mound: Omen of Cthulhu va-t-il briser la malédiction ? A-t-on enfin devant nous un bon titre horrifique coopératif dans l’univers de Lovecraft ? Est-ce que la nouvelle Le Tertre est bien exploitée ? J’ai envie de vous répondre oui aux deux questions, mais nous allons voir que la réalité est bien plus indicible nuancée.

Dans The Mound: Omen of Cthulhu, vous dirigez un explorateur qui va devoir, accompagné (ou pas) de 3 amis connaissances autres joueurs, accomplir des missions d’exploration vers le Tertre, caché sur l’île mystérieuse à côté de laquelle votre navire a jeté l’ancre. Bien évidemment, vous n’êtes pas le premier à faire de même et les équipages des deux précédents navires ont mystérieusement disparu.

Oui ça claque et oui, on est pile dans l’ambiance Lovecraftienne. La jungle que vous allez explorer est pile poile oppressante comme il faut, les crevasses tout comme les grottes abritant des trésors sont ce qu’il faut de sombres et inquiétantes. Honnêtement, que ça soit en solo ou en multijoueurs (j’ai eu la chance de passer une soirée dessus avec SAAvenger et Bofang) l’ambiance est fabuleuse et chaque run est l’occasion de perdre quelques années d’espérance de vie.

Une expédition commence sur le bateau, avec un choix : simple mission de collecte de trésors ou alors sauvetage de naufragé ou même collecte de journal abandonné dans un fort. La variété n’est pas vraiment là mais ça n’est pas bien grave, c’est quelque chose qui pourra être amélioré avec quelques patchs.

Ensuite, choix de l’équipement : rapière rouillée, lance émoussée ou fusil antédiluvien. Même les arcs ne font pas grande impression… Il y a parfois assez d’équipement pour que chacun ait une arme au corps à corps et une arme à distance, parfois non. Le mystère plane sur le pourquoi du comment de cette distribution aléatoire. Ce qui ne fait aucun doute par contre, c’est que cet équipement est pourri et que son amélioration via des doublons chèrement gagnés lors des missions précédentes n’est que temporaire.

Oubliez donc tout système de progression ou de montée en puissance, The Mound: Omen of Cthulhu part dans une optique one shot surprenante et, pour ne rien vous cacher, difficile à justifier. On aurait aimer monter en puissance, avoir un équipement de plus en plus efficace, quitte à grinder un peu pour l’avoir. Mais bon, jetons nous dans le canot pour atteindre le rivage.

Pour chaque expédition vous serez accompagné d’un padre conduisant son chariot tiré par un bœuf. Sa mission ? Collecter tout ce que vous trouverez : gibier, trésors, munitions (…), tout ce qui ne tient pas dans votre maigre inventaire et que vous voulez ramener au navire. Ce brave homme se déplace en laissant une traînée de sel, indispensable pour retrouver votre chemin. Et est accessoirement immortel.

Vous allez donc explorer la plage, puis les collines, ravins, forêts rencontrés pendant cette expédition, cherchant ici un coffre, là un petit autel d’où prélever une statue au look pas du tout louche… Les premiers pas sont rassurants, on se répartit les zones, on se parle et… on s’aperçoit que le tchat vocal prend en compte les distances. Il faut donc ne pas trop s’éloigner les uns des autres ou prévenir si on s’écarte. Intéressant.

On continue donc, remplissant le coffre du chariot, progressant sur l’île. Quand tout à coup un hurlement retentit. Loin. Puis un autre, tout prêt. Sur un mouvement de recul, on brise une branche basse, qui produit un claquement sec. Les hurlements se rapprochent, quelque chose bouge dans les broussailles. Un cri, un zombie nous saute dessus. Vite mis à terre, il détourne notre attention des autres monstruosités émergeant de la végétation.

La lutte devient confuse, chacun criant tout en tentant d’aider les autres et de se débarrasser des ennemis l’ayant repéré. Le calme revient, on panse ses plaies et on récupère les flèches parties se ficher un peu partout sous l’effet de la panique. On s’aperçoit aussi que le jeu gère le tir ami et qu’il va falloir faire attention en allant aider les autres.

On continue la progression. Une grande statue au loin émet un son étrange, la vue se brouille. Un zombie apparaît juste derrière nous. Il court dans tous les sens. On s’aperçoit que les hurlements des autres coïncident avec les coups d’épée que l’on donne. Bon sang, notre esprit nous joue des tours, ce ne sont pas des zombies mais bien nos compagnons. Qui se transforment parfois en sapins (oui oui, des sapins qui courent dans tous les sens) ou en silhouettes floues.

On s’aperçoit alors que c’est cette statue qui brouille nos sens, alors on court pour lui échapper. Mais tout à coup, un des compagnons est saisi de hauts le cœur et vomi un scolopendre géant qui nous attaque. La bruit de la lutte attire des créatures toujours plus monstrueuses et mortelles. La lutte est farouche, ceux qui tombent doivent à tout prix être relevés le plus vite possible. Un message apparaît, la nuit arrive… Ca en est trop, l’équipe décide de rebrousser chemin pour sauver ce qui peut l’être. Mais avec la nuit tombée, les créatures sont partout et poursuivent les compagnons qui atteignent la plage in extremis.

Vous l’aurez compris en lisant ce petit compte-rendu, qui est à peine romancé, The Mound: Omen of Cthulhu joue sur son ambiance pour créer des situations dont on parlera pendant des jours. Les moments de flippe, de joie en découvrant un passage secret, de terreur pure quand on se retrouve isolé des autres, à les appeler à pleins poumons tout en se laissant guider par leurs sifflements au loin, le tout poursuivit par des monstruosités dignes du grand maître de l’horreur. Pour tout cela, The Mound: Omen of Cthulhu est un immense succès, un titre qui a su saisir l’essence même de l’œuvre de Lovecraft.

Mais voilà, la malédiction des titres édités par Nacon a encore frappé et le studio s’est pris les pieds dans le tapis sur tellement de choses qu’il est légitime de se demander s’ils ont testé leur jeu avant de le commercialiser. Petit tour des « MAIS POURQUOI ??? » que vous hurlerez régulièrement devant le titre.

Commençons par la réalisation technique, qui souffle le chaud et le froid. Graphiquement c’est du tout bon, avec de très beaux environnements et des modèles bien détaillés. Le moteur graphique n’est pas par contre spécialement bien optimisé et le titre aura beaucoup de peine à tourner sur les configurations modestes. Ce qui est dommage pour un titre multijoueurs…

Ensuite, la maniabilité… Elle est ridicule pour un FPS et très approximative. S’il faut un peu de temps pour s’habituer à la trajectoire des projectiles, le combat au corps à corps n’est quant à lui pas une sinécure. Très imprécis, avec des hitboxes fantaisistes, il vous frustrera très souvent. Les scolopendres sont le parfait exemple de ce foirage : ils sont très difficiles à toucher même en marchant dessus, semblant parfois prendre le coup de plein fouet, parfois l’ignorer.

Les humanoïdes rencontrés sont tout aussi insaisissables et si parfois vous parviendrez à les décapiter en un coup, bien souvent vous devrez donner plusieurs coups avant d’espérer les mettre à terre. C’est catastrophique et ce qui devrait être un pan majeur du jeu se retrouve totalement ruiné.

En plus de tout cela, il y a le côté mystique et totalement aléatoire de ce qui vous arrive pendant une mission. S’il y a des choses faciles à comprendre, comme le fait que certaines statues ont une zone d’influence néfaste ou que les bruits attirent les ennemis, on se demande toujours ce qui provoque le vomi de scolopendre ou certaines hallucinations.

C’est déroutant, sûrement voulu mais cela nous fait nous demander – à l’instar de la génération totalement aléatoire de l’équipement de départ – si tout n’est pas totalement généré aléatoirement, avec les cas extrêmes que ça provoque.

The Mound: Omen of Cthulhu est donc une immense frustration, mais une frustration traversée de fulgurances. On se demande ce qui a pris au studio de sortir un titre aussi bancal, alors qu’ils avaient tant fait par certains aspects. Penser à faire bouger les lèvres du personnage quand son joueur parle mais ne pas tester les combats au corps à corps. Faire un bateau avec plusieurs ponts, avec des PNJs plus ou moins utiles, mais ne pas laisser les joueurs faire progresser leur avatar et équipement…

On a l’impression que pour chaque bonne idée il y a un défaut qui vient tout ruiner et c’est aussi triste que frustrant. Parce que je ne peux pas dire que je ne me suis pas amusé sur le titre quand j’y jouais avec SAAvenger et Bofang. On criait toutes les 5 minutes, soit de peur soit pour avertissement, on s’émerveillait devant une nouvelle hallucination (« mais vous êtes sûrs que vous voyez pas le mec là devant nous ? ») et quelques secondes après on pestait sur les commandes imprécises, le moteur physique corrompu par les Grands Anciens et le manque de finition du titre.

Alors dans un Early Access (c’est d’ailleurs ce que le jeu hurle de tout son être) ça passerait, je vous recommanderais d’attendre les mises à jour pour vous lancer. Mais là on parle d’un titre soit disant fini, qui n’aura pas forcément, vue la santé de Nacon, de suivi. Ce qui, pour un titre multijoueurs, est assez catastrophique. Tiens d’ailleurs, en pensant multijoueurs et serveurs, savez vous qu’il n’y a aucun outil de filtrage de ces derniers ? Qu’on ne peut pas les classer par ping par exemple…

Et c’est ça pour tout avec The Mound: Omen of Cthulhu. De super idées implémentées d’un côté et des choses très basiques ignorées de l’autre… Je ne suis pas sûr que cette sortie, encore une fois, arrange les histoires de Nacon. Mais peut-être est-ce voulu et qu’ils désirent sortir tout ce qui peut l’être, quitte à ce que ça soit bancal, avant la fermeture finale. Ne perdez pas espoir pour celui-là, regardez si les développeurs continuent de le patcher. Parce qu’avec un tel potentiel, le laisser en l’état serait criminel…

Genre : FPS Coop horrifique PvE

Développeur : ACE Team

Editeur : Nacon

Date de sortie : 15 juillet 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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