Crown of Greed
Vous ne vous souvenez sûrement pas d’elle parce que vous êtes trop jeunes, mais j’ai personnellement beaucoup aimé la série Majesty en son temps. Le concept était original, la réalisation pas toujours optimale certes, la difficulté souvent corsée. C’était bien et j’y repense souvent avec nostalgie, avant de le réinstaller et… quitter très vite tant les deux épisodes ont mal vieilli. Heureusement pour moi – et vous parce que ça vous permet de découvrir le concept – les gens de BLUM Entertainment étaient eux aussi fans de la saga et ont décidé de lui donner un descendant, Crown of Greed.
Le concept novateur de Majesty repris sans la moindre modification dans Crown of Greed ? Vous êtes à la tête d’un village dans un monde heroic fantasy, isolé au milieu d’une campagne où des dizaines de monstres rodent. Vous devez remplir des missions – en repartant bien entendu à zéro à chaque scénario – comme défendre des villageois, un arbre sacré, débarrasser la carte de tous les bandits, les loups-garous (…) bref, tout ce qu’on fait habituellement dans un monde pareil.
Vous allez donc construire un marché, qui vend des potions et autres accessoires pour héros, une forge qui permettra à ces derniers de s’équiper, une auberge pour qu’ils se reposent, des tours qui hébergeront des gardes qui patrouilleront dans une zone définie et une fois tout cela construit et vos héros recrutés vous… n’aurez plus la main.
Oui cela semble bizarre, mais vous ne pouvez pas diriger vous-même les héros. Impossible de les sélectionner et de les envoyer quelque part d’un clic. Ils font leur vie, se promènent autour du village, lootent des coffres et tuent les monstres.

Si vous voulez qu’ils aillent détruire cette tanière, de laquelle se déversent des loups qui massacrent vos villageois – qui vont eu aussi construire les bâtiments de leur propre chef – il va falloir… raquer. Et mettre un contrat sur la tanière. Il en existe trois types : exploration, défense et attaque. Pour chaque contrat, vous devez déterminer un prix. Plus il est haut, plus il y aura d’aventuriers intéressés.
Forcément, comme vous avez les dépenses de la ville entière à gérer, vous allez vouloir mettre peu. Sauf que ces sales héros, en montant en niveau, refusent de bosser – contrairement aux pigistes de Dystopeek – pour des nèfles. Et en plus, plus ils sont riches, plus ils peuvent acheter d’équipement dans vos boutiques. Donc quelque part, vous récupérez cet argent et surtout cela vous permet d’avoir des héros de plus en plus efficaces.

Il en existe de plein de classes : druide, clerc, guerrier, voleur, berserker… chacun ayant sa guilde qu’il faut améliorer comme le reste des bâtiments pour accéder à des pouvoirs de plus en plus forts. Seul bémol, si vous construisez plusieurs guildes identiques (chacune ne peut accueillir qu’un nombre défini de héros, vous devez à chaque fois payer pour les améliorations…
Les débuts sont donc simples : on se blinde avec des tours, on fait 2-3 guildes desquelles on sort des héros à bas niveaux qui feront leurs premières armes sur des monstres errants et une fois la protection du village assurée, on agrandit la zone découverte en envoyant des expéditions. Et on n’oublie pas d’améliorer son village pour que les héros aient du meilleur matériel.

Le fait de construire de nouvelles guildes permet d’avoir des héros de bas niveau qui seront utiles pour les plus petits contrats, ce qui leur permettra de monter tranquillement en puissance. En cas de mort, pas de panique il est possible de ressusciter tout ce petit monde.
Cela peut sembler un peu répétitif – et ça l’est – mais chez moi cela fonctionne. J’aime bien regarder ces idiots partir à l’aventure, tomber dans une embuscade, se la raconter quand ils montent de niveau et revenir en courant quand ils n’ont plus de potions de vie. Il y a un petit côté organique très plaisant à regarder les villageois, gardes et collecteurs d’impôts se promener.

Alors évidemment, comme on n’est pas dans un STR pur et dur, il n’y a pas à cliquer dans tous les sens, surtout qu’il y a une pause active, et l’organisation du village tourne très vite au grand n’importe quoi, surtout avec les inévitables égouts qui apparaissent et dont des rats géants sortent à intervalles réguliers.
Crown of Greed est donc une sorte de colony sim plutôt qu’un STR, un jeu dans lequel le joueur peut avoir l’impression de ne pas avoir la main sur grand-chose. Et quand on voit l’idiotie des héros parfois, on se dit que c’est le cas. Ceux-ci ont des comportements souvent idiots et prendront un malin plaisir à ne pas faire la chose logique que vous attendez d’eux.

Si un monstre se promène quelques mètres en dehors de la zone que vous leur avez demandé de défendre, n’espérez pas qu’ils aillent le latter. N’espérez pas non plus les voir attaquer un repaire par eux-mêmes (quelque part ça vous enlèverait aussi une de vos rares interactions avec eux)…
Crown of Greed est donc une copie totale des Majesty, dans laquelle vous aller jouer sur une douzaine de maps pour y accomplir des objectifs variés, mais toujours de la même façon. Les héros et bâtiments se débloquent lentement, ce qui est un peu dommage, le plan pour s’en sortir est toujours le même et nombre de joueurs se plaignent de nombreux bugs. Personnellement je n’ai –eu qu’un héros qui se coinçait dans le décor, sur une sur carte en plus. Donc YMMV comme on dit sur Reddit.

Vous aurez noté que je dis du bien de Crown of Greed tout en listant plus de défauts que de qualités. Peut-être que c’est la nostalgie qui joue, peut-être est-ce dû à ce concept original mais toujours est-il que je ne regrette pas mon temps passé dessus. Certes j’aimerais qu’il y ait plus de missions, ou un mode escarmouche, que le jeu soit plus beau aussi mais je sais me contenter de ce que nous offre BLUM Entertainment.
C’est loin d’être parfait, c’est bien trop proche des Majesty (même si le studio a rajouté la possibilité de débloquer des améliorations courant sur toute la campagne (tours plus efficaces, finances de départ plus élevées) que l’on débloque avec des points gagnés en remplissant les missions secondaires, ce qui oblige à ne pas se précipiter dans la mission principale), pas toujours stable selon la configuration et la durée de vie est un peu décevante.

Si malgré tout cela et si vous êtes vieux et nostalgique comme moi, alors Crown of Greed est un titre que je vous conseille. Pas transcendant, pas raté, il est quelque part entre les deux, apportant au joueur sa dose de satisfaction sans se rendre pour autant incontournable, un peu comme Builders of Greece il y a quelques mois.
C’est bien et dommage à la fois et je pense qu’à moins de vraiment innover et de sortir de leur zone de confort, BLUM Entertainment est condamné à rester parmi ces studios méconnus – à raison – et sans génie qui enchaînent les titres passables.
Genre : Stratégie
Développeur : BLUM Entertainment
Editeur : Playway
Date de sortie : 31 mars 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Stratégie