Bohemian Rhapsody

Inutile de présenter Queen. Et non je ne parle pas du comportement de diva d’Harvester. Le groupe de rock anglais est mythique, qu’on soit fan ou non, on connait tous leurs chansons et le destin du lead singer Freddie Mercury.

En faire un film allait par définition être casse gueule, comment arriver à en faire autre chose que du fan service, comment arriver à ce que les fans ne craignent pas une désécration d’un personnage hors du commun. Le film a apparemment connu quelques soucis de production, annoncé en 2010, le tournage a commencé en 2017 et le réalisateur Bryan Singer a été remplacé avant la fin (officiellement pour absence sur le tournage) même s’il est le seul réalisateur officiel, aaah Hollywood.

Bref je n’étais pas vraiment motivé, alors certes je suis allé le voir en IMAX ce qui permet une expérience un peu plus immersive (quand le film est pensé pour sinon on se retrouve vite avec l’impression que quelqu’un s’est juste levé devant le projecteur) mais ça ne diminuait pas mon inquiétude de m’ennuyer sec ou de me retrouver face à une histoire super romancée et larmoyante.

Le film est arrivé à me faire passer un bon moment. Sans surprise au niveau construction et sans grande prise de risque non plus, on a droit à 2h15 de chansons, d’humour et de scènes qui évitent l’ennui grâce à la performance générale de Rami Malek et de Gwilym Lee . Rami Malek ne ressemble peut-être pas tout à fait à Freddie Mercury mais le travail qu’il a effectué au niveau mimiques et mouvements est tout simplement épatant. Au début du film, on voit un acteur faire son show et on se dit « oui c’est vraiment comme ça qu’il bougeait », à la fin on finit par y croire « c’est lui ! » et puis on revoit à nouveau Freddie Mercury qui nous rappelle que non en fait c’est vrai qu’il n’est pas une copie conforme mais quand même, quelle présence !

Bohemian Rhapsody arrive non seulement à ne pas être trop focalisé sur le côté pathos de la vie de Freddie Mercury – il est cependant plus que probable que le film arrive à vous tirer une larmichette à un moment ou un autre mais il vous fera sourire bien plus souvent – mais aussi à montrer qu’il n’était pas seul. Queen c’est tout un groupe et on nous montre bien clairement que chacun y est allé de son inspiration même si le personnage central reste bien sûr Mercury et que tout tourne autour de lui. La partie écriture de chansons est d’ailleurs retranscrite de manière bien sympathique.

Au niveau cinématographique on est donc face à un film agréable pour un dimanche pluvieux, oui mais voilà c’est Queen et non pas n’importe quel groupe, alors on se retrouve vite à vibrer avec telle ou telle chanson (littéralement au cinéma où le son vous imprègne jusqu’aux os). Mais il n’y a pas que les chansons, le travail d’archive est solide, les costumes, les décors, tout est au poil et en plus le film arrive aussi à présenter un élément important : l’état d’esprit de l’époque. Le concert de Live Aid contre la faim dans le monde est quand même bien représentatif de l’espoir qui habitait les années 80 et même si ça parlera peut-être moins à ceux qui n’ont pas connu cette époque, c’est un élément que j’ai pour ma part beaucoup apprécié.

Alors quoi ? On y va ou on n’y va pas ?

Franchement si le film vous tente, allez le voir au ciné, quitte à se repasser les chansons les plus connues autant que le côté sonore soit présent en sus. Outre ce côté « sensoriel » on se retrouve avec un film type, beau même si très classique qui arrive malgré tout, grâce à un travail de recherche et de précision, à nous emporter.  J’ai quelques doutes sur les capacités du film à autant fonctionner sur petit écran mais sur grand écran la magie opère.

Difficile de ne pas regretter l’absence d’une figure telle que Freddie Mercury de nos jours une fois sorti de la salle, tout autant difficile de ne pas fredonner une chanson de Queen pendant les jours qui suivent. Après je ne peux pas me prononcer sur la véracité de la plupart des faits mais il y’a pas mal de petits clins d’œil ou d’événements qui sont strictement fidèles à la réalité parfois au plan près. Bref sans attendre un chef d’œuvre, je vois mal comment on peut en être déçu à moins de détester Queen dès le départ. Pari réussi pour ma part et pour la grande majorité du public qui est resté jusqu’à la toute fin du générique.

 

Réalisateurs : Bryan Singer remplacé par Dexter Fletcher

Acteur : Rami Malek, Lucy Boynton, Gwilym Lee, Ben Hardy

 

Le trailer sur Youtube

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

Une pensée sur “Bohemian Rhapsody

  • 4 novembre 2018 à 9 h 21 min
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    Des films ? Des séries TV ? A quand les applis et les couche culottes ?

    Bon j’y vais aujourd’hui voir « Freddy Mercury les griffes de la vie ». T’as intérêt que ce soit bien !
    Surtout que moi je suis bien renseigné par ma mémoire.

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