Polylithic
Dire que les jeux de survie-crafting arrivent par vagues n’est pas qu’une vue de l’esprit. En effet, nous avons reçu à la rédac trois jeux dans ce genre : Polylithic, Honeycomb: the World Beyond et Aska. Trois jeux très différents qui trouveront chacun leur public à n’en pas douter. Mais je doute que les mêmes joueurs soient intéressés par les trois vu les différences d’ambiance et de mécanique. Allez, commençons notre aventure avec Polylithic.
Dans Polylithic, le joueur incarne un chasseur cueilleur du Paléothique et doit l’amener ainsi que les membres de son village jusqu’au Néolithique. Oui ça fait quelques années à tenir ça, j’espère qu’on pourra jouer les descendants sinon les personnages risquent très vite de n’être plus très vaillants.
Dans un style flash low-poly très (très !) particulier, le jeu nous fait nous diriger en vue de haut, avec un zoom très appréciable. D’une part pour vérifier qu’il n’y a rien qui veut vous bouffer dans les environs, d’autre part pour zoomer et vérifier la présence de ressources autour de soi. Ce qui n’est pas un luxe car la direction artistique étant ce qu’elle est, il n’est pas toujours facile de voir ce qui est utilisable ou pas.
Hormis cela, le jeu se veut relativement classique avec l’obligation de remplir des quêtes pour convaincre les membres de votre tribu de passer sous votre bannière. Dès qu’ils se joignent à vous, vous pouvez les affecter à différentes tâches et ainsi alléger votre charge de travail. Oui, comme des rédacteurs de Dystopeek.

Par contre, impossible de les affecter à quelque chose que vous ne maîtrisez pas vous-même, il faut donc atteindre un certain niveau. Cela veut évidemment dire qu’il va falloir vous coltiner pendant un moment chaque tâche ingrate avec que ces messieurs-dames se décident à lever le petit doigt. Oui, comme avec les rédacteurs de Dystopeek…
Ça n’est en fait pas vraiment un souci car cela permet d’acquérir les bases et d’ainsi parfaire votre maîtrise du jeu qui reste tout à fait jouable en solo – ou avec 9 amis (mais qui a autant d’amis de nos jours !) – et d’évoluer tranquillement.

Et il va falloir évoluer tant les débuts seront délicats avec absolument tout et n’importe quoi qui voudra vous faire la peau : ours en goguette, meutes de loups attendant que votre feu s’éteigne (notez que l’on peut en apprivoiser) pour vous sauter dessus, bisons qui vous chargent à la moindre occasion…
Vous allez mourir. Beaucoup. De plein de manières différentes. Mais ça n’est pas bien grave car il n’est jamais bien difficile de récupérer vos possessions et de repartir de l’avant. Ce qu’il l’est plus, c’est la visée avec les armes de jets qui sont très imprécises. Alors bon quand vous visez un bison ça va c’est difficile de rater. Mais quand vous essayez de vous faire un loup ou un tigre à dents de sabre (oui il y en a, j’étais tout excité), c’est pas la même histoire.

C’est d’ailleurs le point noir de Polylithic, ses contrôles très peu précis. Mais vraiment peu précis. Surtout qu’il faut maintenir la touche pour ramasser quoi que ce soit. Sérieusement les gars, devoir attendre plusieurs secondes pour chaque truc ramassé… C’est du sadisme.
Et quitte à être dans le négatif, il y a tous ces petits bugs de collision. Rien de super grave mais la fonction unstuck va vous être plus utile que vous ne pourriez penser. Un petit coup de polish devrait résoudre cela mais c’est vrai qu’avec ces mondes densément fournis en éléments de décor, les risques sont plus élevés.

Pour le reste c’est du tout bon une fois que l’on est habitué à la direction artistique très particulière. J’avoue avoir encore beaucoup de mal mais comme on dit, les coups et les douleurs… La campagne solo alterne entre le guidage pas à pas et le démerde-toi pour ne pas offrir une expérience trop linéaire au joueur. Et ça marche, il y a des périodes où on va faire le garçon de courses désireux de satisfaire tout le monde puis prendre des javelots sous le coude pour partir à l’exploration, qui finit bien souvent dans votre sang.
Une courbe de progression peu régulière donc mais une expérience assez intense qui ravira les plus curieux qui aiment bien être stimulés. Il y a pas mal à faire, même si l’évolution technique marquera vite le pas et qu’on se retrouvera plus à chercher le confort que l’innovation au bout d‘un moment.

Polylithic est très original par son thème et sa direction artistique. Jouer un homme préhistorique bedonnant et hirsute, poursuivi par une hyène (je n’ai pas encore réussi à en apprivoiser une, mais j’y travaille !) et qui doit satisfaire les desideratas de sa tribu a un petit côté de reviens-y que je vous recommande si vous aimez le genre et voulez un titre qui sorte de l’ordinaire.
Par contre, je trouve le jeu encore trop brut de décoffrage sur plusieurs aspects pour mériter un v1.0. Honnêtement, j’aurais trouvé plus adapté un état d’Early Access, certes tardif, mais montrant qu’il reste encore un peu de boulot. Mais je chipote, le titre est vendu une bouchée de Burger King.
Genre : Survie préhistorique
Développeur : polyperfect
Editeur : indie.io
Date de sortie : 25 août 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Survie préhistorique