Moi ce que j’aime, c’est les monstres livre premier, ou la chronique d’une ado pas si ordinaire.

La première rencontre avec l’oeuvre d’Emil Ferris est de celle qui vous rebute. Le dessin est très particulier, le livre est particulièrement épais et cela ne ressemble pas à une bande dessinée « classique ».

Bilal sort de ce corps.

Moi, ce que j’aime c’est une bonne histoire.

Sans en dévoiler trop, on suit une jeune fille qui aime les monstres et pense en être un. Elle vit dans les années 60, sa mère est mourante, sa voisine vient de se mettre une balle dans la tête, son frère est une petite frappe, son père est absent et elle est le souffre-douleur de son bahut. Elle cumule la demoiselle.

Mais elle reste une jeune fille qui décide de croquer sa vie dans un journal intime et c’est cela que nous raconte Emy ferris à travers son oeuvre. Karen n’est pas un monstre au sens littéral, elle se représente ainsi. Le dessin devient un moyen d’expression pour elle.

Moi, ce que j’aime c’est un bon coup de crayon.

Oui, ça ressemble à cela tout le long. On aime ou pas.

Le graphisme est très très particulier. Il peut rebuter tout comme fasciner. Au delà de l’histoire qui explique l’utilisation d’un crayon quatre couleurs, le style est marqué par une volonté de ne pas se conformer à un style ou une forme qui cloisonnerait l’histoire.

Et en cela, Emy Ferris réussit à faire croire que le lecteur lit le journal intime de Karen qui ne peut s’empêcher de croquer des moments de sa vie. Difficile de ne pas parler de cette page où Karen se montre telle qu’elle est. La représentation de sa voisine si proche et pourtant si lointaine quand elle découvre son histoire sous l’Allemagne nazie.

Moi ce que j’aime, c’est les moments de grâce.

Si je devais critiquer l’oeuvre dans son ensemble, je ne peux pas affirmer que c’est un chef d’oeuvre de bout en bout. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans le livre. Pas tant par le graphisme que l’histoire qui ne m’a pas accroché, puis est venu ce moment où j’ai été happé et j’ai décroché à nouveau pour y revenir. A la fin, ce sont ces moments que j’ai conservés et le plaisir de découvrir les couvertures de ce qui semble correspondre à des fins de chapitre.

Moi ce que j’aimerais, c’est de pouvoir de lire la suite.

La fin est un peu téléphonée voire facile, mais elle apporte un éclairage intéressant sur un personnage qui traverse la vie de Karen.

Et à ceux ou celles que le dessin rebute (NdHarvester : présent !), je conseille vraiment de passer au delà pour découvrir une oeuvre singulière comme il y en a trop rarement. Tout n’est pas bon et c’est un écueil que j’espère réparé dans le second livre. Un récit plus condensé aurait pu éviter tout cela, mais est ce que cela n’aurait pas été à l’encontre de la vision de l’auteure ?

Machiavel

Toujours à l'affût de ce qui peut piquer ma curiosité, peu importe le domaine avec une légère préférence pour les jeux vidéo, le cinéma, la littérature, les séries TV, les jeux de société, la musique, la gastronomie, les boissons alcoolisées et quelques autres petites choses . Ma curiosité est telle le tonneau des danaïdes, sans fond.

Une pensée sur “Moi ce que j’aime, c’est les monstres livre premier, ou la chronique d’une ado pas si ordinaire.

  • 5 août 2019 à 11 h 52 min
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    Et bien le dessin de couverture m’avait carrément déplu. Le reste de la bd, j’ai trouvé le dessin génial 😁
    L’histoire m’a bien plu et je me suis fait happé de bout en bout même s’il est vrai que c’est une longue bd.

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