World War 3

Les Early Access ne me font pas peur, on y trouve souvent des jeux originaux qui passeraient autrement sous le radar faute de budget suffisant. Il y a certes parfois des mauvaises surprises ou des jeux dans le tas qui, malgré de bonnes idées, manquent cruellement de suivi. Pour terminer ce mois d’Octobre je vais vous parler de l’EA qui aura fait parler de lui : World War 3.

Ce jeu que de nombreux Youtubeurs annonçaient comme un Battlefield 4 remis au goût du jour, LE jeu qui pourrait enfin fournir une alternative viable aux Battlefield d’EA et Call of Duty d’Activision. Alors on s’en doute, il faut toute raison garder et même dans les meilleures conditions ce n’est pas un studio indépendant qui va détrôner les cadors du jour au lendemain. Mais à part ça, qu’est-ce qu’il vaut ce World War ?

Déjà c’est un EA. Je l’ai déjà dit mais c’est important car si certains EA apparaissent comme des jeux finis encore en évolution, de nombreux titres eux reflètent bien cet état en proposant un jeu en beta/alpha rempli de bug dont la fin de l’EA indiquerait un état « jouable » de release. Le lancement de l’EA de World War 3 a été on peut le dire catastrophique. N’ayant pas fait de load test ou de beta weekend auparavant, les serveurs d’identification se sont simplement retrouvés incapables de gérer la charge de joueurs. N’en laissant passer certains qu’ici ou là par chance avant de les relancer dans une attente interminable une fois la partie terminée. Sans parler du fait qu’il fallait vérifier les fichiers Steam entre chaque lancement, perdre ses options de customisation, éviter de lancer via Steam, se connecter sur un serveur d’un autre continent et ça c’est pour les chanceux. On comprend bien que le joueur moyen n’a pas la patience ni l’indulgence pour ce genre d’expérience en 2018 (pas que l’année change les complications que peuvent rencontrer des développeurs, peu importe le jeu). Après trois longues journées (pour les développeurs qui ont travaillé d’arrache-pied comme pour les joueurs bien déterminés à attendre un signe des dieux) les serveurs ont enfin pu laisser passer une majorité de joueurs, permettant ainsi de tester le jeu, le vrai (pas celui de l’attente en regardant un message « Connecting to World War 3″).

Tout d’abord on remarquera que l’interface de connexion est encore assez lente, le jeu prend son temps pour démarrer, il manque certaines informations sur les monnaies ingame. Il y a encore parfois des freezes à la fin de certaines parties avant de se débloquer, etc.  Bref c’est un EA. Ok ok.

Le jeu alors ? Premièrement je tiens à noter le point fort de celui-ci, la customisation. Bien qu’en l’état il est impossible de savoir ce qui est payant ou pas (avec la monnaie ingame et non du vrai argent) tout semble débloqué sans savoir si ce sera le cas à la release mais c’est probablement la customisation la plus poussée offerte par un FPS, vous pouvez choisir vos préférences pour l’accoutrement de votre soldat ainsi que les différentes armes et les éléments qui la composent. Si les devs continuent d’ajouter du contenu il y aura peu de chance de voir deux soldats identiques in game. On peut même customiser l’apparence de certains streaks (des éléments en jeu que l’on peut appeler une seule fois en échange de points accumulés lors de la partie comme un bombardement ou un char d’assaut).

Pour le jeu en lui-même on retrouve pour l’instant une carte de l’Europe divisée en quatre parties dont trois sont pour l’instant disponibles (Berlin, Varsovie et Moscou). Chaque joueur choisi « Est » ou « Ouest » comme camp et les cartes sont alors de la couleur du côté qui a le plus de points. Les joueurs peuvent verser des points qu’ils gagnent afin d’influencer le résultat qui permet à un côté d’obtenir une récompense (pour l’instant une bombe nucléaire). Chaque partie propose deux types de cartes : 32 ou 64 joueurs d’un mode conquête comme dans les Battlefield. La seule différence c’est que les points sont liés deux par deux et ne rapportent des points qu’une fois les deux capturés (mais on peut toujours respawner sur l’autre point ce qui à mes yeux n’est pas un bon point de design). En général il faut bien l’avouer pour les parties que j’ai jouées, un côté dominait largement l’autre qui peinait à pouvoir ne fut-ce que capturer un seul point. Déjà parce que le temps de capture est assez long (à moins d’être nombreux dessus) et rend difficile le jeu en solo (ce qui devrait pousser le travail en équipe mais pour l’instant ce n’est pas le cas, il faut dire qu’il n’y a pas encore de tchat vocal intégré). Les cartes 64 joueurs sont très grandes et les distances d’engagement assez longues. Même si le jeu n’a pas vocation à être hardcore (une balle ne suffit pas à tuer, chaque soldat a 100 points de vie divisés en trois parties, vous pouvez ensuite recharger la partie entamée si vous attendez un peu, pour les parties perdues il vous faut un medpack), on y meurt/tue assez vite ce qui est assez agréable et donne au gameplay un sentiment plus nerveux.

En fait World War 3 peine un peu à convaincre lors des deux-trois premières parties, les mouvements sont un peu saccadés, les animations sont presque inexistantes, le HUD manque encore de clarté (direction, points de capture, posture) mais plus vous jouez plus vous y prenez goût. Déjà parce que l’atmosphère sombre et réaliste qui se dégage des cartes est accrocheuse, se battre sous la porte de Brandebourg ou à côté du Kremlin reste impressionnant même après les premières minutes, les effets de pluie et de fumée sont réussis et ce même si le jeu n’est pas au top du top niveau graphismes, les textures sont correctes sans être épatantes.

Aussi parce que les joueurs vont naturellement réagir à l’attaque d’un point et courir tous ensemble vers cette partie de la map, donnant assez vite une impression de guerre urbaine réussie où le jeu solo a peu de place (et ce à nouveau malgré le manque d’éléments permettant un réel jeu en équipe, on n’est pas dans Squad, d’ailleurs le seul intérêt de jouer en équipe pour l’instant est de pouvoir utiliser certains streaks de notre propre équipe comme les chars de combat). Mais est-ce que ce sera suffisant pour garder les joueurs ? C’est là la grande inconnue et cela dépendra de la capacité des développeurs à améliorer le jeu. Outre les bugs, l’aspect encore inconfortable de l’interface et sa fluidité, le jeu a aussi un problème d’équilibrage et de tempo. Les parties sont assez longues, ce qui lorsqu’un côté est désavantagé, peut-être frustrant pour ceux-ci (poussant des joueurs à quitter et donc à affaiblir encore plus leur côté), de plus la plupart des joueurs n’ont pas l’envie ou le temps de donner 40 minutes ou plus pour une partie alors qu’il est possible d’en faire trois pendant ce temps dans le dernier Call of. Pour justifier un tel tempo, il faudrait des éléments qui permettent un revirement de partie (je pense aux Béhémots de BF1).

Il faut voir aussi si d’autres modes de jeux seront proposés, je serais curieux de voir ce que donnerait leur système de jeu dans du CQB (combat rapproché). Et si les devs arrivent à rendre la progression des joueurs intéressante.

Finalement, World War 3 est un peu le cul entre deux chaises. Ni vraiment hardcore, ni grand public et c’est peut-être là ce qui lui permettra de tirer son épingle du jeu ou le fera sombrer dans l’oubli le plus total. Son prix est assez attractif comparé à la concurrence mais l’expérience actuelle est encore un peu brute de décoffrage pour s’y plonger tout de suite, à moins d’être indulgent. Malgré sa naissance dans la souffrance, le jeu a de très bonnes bases mais est-ce que ce sera suffisant pour faire face aux sorties de fin d’années ? Difficile de se prononcer, en tout cas mon envie d’y retourner est bien présente, à suivre de près les prochains mois.

 

Genre : FPS en ligne

Développeur : The Farm 51

Éditeur : The Farm 51

Date de parution de l’EA : 19 octobre 2018

Site officiel : https://worldwar3.com/en/index/

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

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