Total War Saga : Thrones of Britannia

Grand fan de la série des Total War et de l’Ecosse, je ne pouvais pas passer à côté de Total War Saga : Thrones of Britannia (qui gagne en passant le prix du titre un poil trop long). Pensez donc, pouvoir asservir les anglais et mettre les Ecossais à la tête des îles Britanniques !

Les différentes factions de départ

C’est donc remonté à bloc que je lançais le jeu et étudiais les positions de départ. Si la carte est limitée en taille, ça n’est pas pour ça que le nombre de provinces l’est : les deux îles sont divisées en une myriade de petits royaumes. Cela promet une lutte épique pour parvenir à tirer son épingle du jeu et la couverture à soi. C’est un plaisir de voir le travail, surtout graphique, fourni par les développeurs pour mettre le joueur dans l’ambiance : les portraits et vidéos narratives sont superbes et sont dans un style « vitraux d’église », les graphismes sont splendides et on s’imagine aisément dévaler les collines des Highlands, chargeant claymore à la main. Sauf que ce sentiment de confiance s’efface bien vite devant la brutalité des débuts de partie. Du fait des alliances de départ, de la myriade de royaumes et de l’agressivité des roitelets, on se retrouve bien vite en guerre contre la moitié de la carte sans avoir vraiment eu son mot à dire. Un redémarrage et quelques alliances brisées plus tard, on se pose tranquillement pour étudier ses possibilités de développement, économique et surtout militaire. Car impossible, à l’inverse des Total War Warhammer, de compter sur des alliés naturels. Pas de clans Nains sur lesquels s’appuyer contre les invasions Orcs, dans ToB les peuples sont divisés, même si répartis en plusieurs cultures : gaéliques, gallois, irlandais, anglais et vikings. N’espérez pas faire appel à vos compatriotes pour vous développer, ils n’hésiteront pas à vous poignarder dans le dos au pire moment.

Mais revenons à nos moutons et à notre développement. Chaque province dispose d’une ville et de plusieurs emplacements dédiés principalement à l’agriculture. Oui, vous allez construire des fermes à tire-larigot, ça fait rêver hein ? Bon, il faut dire que votre peuple est du genre affamé et qu’il va vous falloir produire, surtout si vous voulez déployer des armées. Ces dernières nécessitent en effet de grandes quantités de nourriture et du ravitaillement pour opérer et voient le recrutement des troupes modifié : vous achetez toutes les unités que vous pouvez et celles-ci arrivent d’un coup, mais incomplètes. Concernant les choix possibles, si les grands classiques sont là (archers, lanciers et autres cavaliers…), le choix est beaucoup plus limité et surtout quasiment identique pour toutes les factions. Cela change du précédent opus où chaque race était vraiment unique. Dommage !

Trop peu d’unités différentes malheureusement…

Une fois vos premiers bâtiments construits (comptez pas mal d’aller-retours dans les menus pour savoir lequel fait quoi), il faut songer à prendre un peu ses aises et à expliquer à vos voisins en quoi votre culture est meilleure. Si vous pouvez, de manière tout à fait classique, le faire à grands coups de haches, il est aussi possible d’annexer les autres royaumes et d’en faire des états tributaires. Si c’est très pratique au début, car cela assure une petite source de revenus et permet de sécuriser des zones, il s’avère que malgré toute leur bonne volonté vos alliés sont un peu… cons. Impossible de coordonner des assauts contre un ennemi commun et pire, en venant vous aider ils viendront parfois vous piquer des petits bouts de provinces. Il est dommage de ne toujours pas avoir la possibilité de s’échanger des territoires… La diplomatie n’est donc toujours pas à la hauteur de nos attentes avec des réactions assez… étranges : certains royaumes, que vous venez de ravager, refuseront obstinément de se soumettre alors que d’autres, à l’autre bout de la carte et avec qui vous n’avez eu aucun contact, seront ravis de passer sous votre coupe.

ToB introduit aussi, un peu à la manière de Crusader Kings 2 (que je n’ai toujours pas vraiment lancé) mais en plus léger, la gestion de votre famille, avec arrangement de mariages pour renforcer des liens diplomatiques et de vos généraux et autres gouverneurs. Ceux-ci ont en effet une jauge de loyauté et de diverses compétences qui obligeront le joueur à les surveiller du coin de l’œil afin qu’ils ne prennent pas les armes contre lui. Cette gestion est très (trop ?) légère et n’apporte finalement pas grand-chose, surtout que les agents (espions et autres) n’ont pas été reconduits.

L’autre pan des Total War a toujours été les batailles en temps réel, celui qui a fait l’originalité de la franchise. Ces dernières sont toujours aussi tactiques, avec l’éternel chifoumi entre les troupes. On arrose avec les archers, on fait des murs de lanciers et on prend à revers avec la cavalerie. Rien à dire, c’est toujours aussi beau et fluide et malgré le manque de différences visuelles entre les troupes, on prend rapidement ses marques. L’intelligence artificielle est fidèle à elle-même dans ces phases : prévisible et parfois aux fraises. Harcelez une unité avec des tirailleurs montés et celle-ci vous poursuivra à travers la moitié de la carte, sans jamais avoir la moindre chance de vous rattraper. Les différents types de batailles sont : les classiques terrestres et de siège (dont les cartes sont vraiment superbes), les débarquements amphibies (où l’IA débarque ses troupes une à une de manière pitoyable) et les affrontements en mer qui sont d’un inintérêt absolu et bordéliques.

L’arbre technologique, bien touffu.

Le lecteur attentif aura remarqué qu’à ce point, beaucoup de défauts sont évoqués et s’attend donc à une mise à mort du jeu. Sauf que… Oui, la carte comprend beaucoup trop de provinces, rendant la conquête aussi fastidieuse que longue, les déplacements sont d’une lenteur affligeante avec une dizaine de tours de voyage pour traverser la moitié de l’Irlande, le développement des provinces très limité rend l’équilibrage de l’économie délicat et le peu de variété dans les troupes fait de la peine après TW Warhammer (et nuit de ce fait à la rejouabilité), mais tous ces défauts s’estompent, du moins pour moi, une fois la partie lancée. Je prends toujours autant de plaisir à planifier mes conquêtes, repérer le plus faible de mes voisins et cajoler les plus forts pour qu’ils ne m’attaquent pas. C’est une vraie drogue, dans le plus pur style « allez encore un tour et après j’arrête ». Les débuts difficiles apportent aussi un vrai challenge le temps d’asseoir son autorité, même si un vétéran relèvera bien vite la tête. Le jeu dispose de plusieurs niveaux de fin, de la victoire courte à ultime, passant par divers facteurs (avoir annexé tant de provinces, dépasser tel stade de légitimité…) et après avoir dépassé ces jalons j’en suis à finir d’envahir le sud de l’Angleterre (l’Ecosse et l’Irlande étant bien entendu à ma botte), juste pour le plaisir. C’est clairement fastidieux, car comme dans tous les Total War une fois une certaine puissance atteinte on roule sur les autres (même si de régulières invasions vikings viennent pimenter les fins de partie), mais cela me permet de patienter et de ne pas perdre la main avant la sortie de Three Kingdoms à l’automne prochain.

Cette nouvelle branche des Total War, la « Saga » qui met le focus sur une région particulière, démarre donc de manière mitigée avec un premier opus qui n’apportera pas grand-chose aux vieux briscards et n’aidera pas les nouveaux venus (Total War Warhammer est bien plus accessible) malgré quelques simplifications (au revoir les agents). Son manque de variété, sa carte trop grande et divisée et surtout son prix me poussent à vous conseiller d’attendre. D’avoir fini la campagne Mortal Empires sur TW Warhammer d’une part, et de l’autre, une baisse de prix.

Genre : Stratégie
Développeur : Creative Assembly
Éditeur : SEGA
Date de parution : 3 mai 2018

 

Site officiel : https://www.totalwar.com/

Version presse fournie par l’éditeur.

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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