Sudden Strike 4

Ah, la deuxième guerre mondiale ! Ses soldats débarquant sur les plages en vociférant, ses chars envahissant les steppes soviétiques et Papy piquant de l’essence aux Allemands pour la refiler à la Résistance. C’était une période agitée, où des destins exceptionnels se forgeaient et où… mais bon sang, ne fais pas demi-tour ! Mais non, con de char, pas par-là !

Pathfindquoi ?

Désolé mais s’il y a bien une chose qui m’horripile dans ce jeu, c’est son pathfinding et ses unités connes comme la lune. C’est dommage d’ailleurs ce manque de finition qui, s’il était presque acceptable dans le premier opus, devient carrément honteux de nos jours. Et encore, je vous parle de ça mais je n’ai même pas abordé la question des distances d’engagement. Non n’insistez pas, ça me fait trop mal de voir ce Panther tirer à 50m, je refuse d’en parler !

Donc là forcément j’ai perdu la moitié de mes lecteurs, partis sur la chronique du dernier Manara par Archer plutôt que de me voir démonter ce pauvre jeu. Sauf que…

Au moins il ne sera pas trop loin celui-là…

Sudden Strike 4 n’est pas un wargame. Ne pensez pas pouvoir planifier de grandes offensives à faire pâlir d’envie votre voisin accroc à Hearts of Iron. N’imaginez même pas diriger des centaines d’unités à la fois, c’est en petit comité que la plupart des missions se passent. Et ce n’est pas plus mal car contrairement aux STR grand public, faire un grand lasso autour de vos troupes pour les envoyer au carton finit rarement bien. Sans approcher du réalisme d’un Combat Mission, le bébé de Kite Games tient quand même la route au niveau tactique et obligera le joueur à exploiter pleinement les caractéristiques de ses troupes : portée effective, rayon de détection et surtout, vitesse et cadence de tir. Manœuvre et reconnaissance sont, comme sur le vrai terrain, les maîtres mots des batailles de Sudden Strike 4. Et sauvegarde rapide aussi. Parce que malgré tous vos efforts et vos plans diaboliques, il y a fort à parier que vous vous ferez violenter par un des nombreux scripts de la campagne. Du genre faire arriver des renforts ennemis dans votre dos alors que vous pensiez avoir tout nettoyé…

Pas très beau, mais efficace…

Le rythme des missions est assez lent car le joueur est généralement en position très défavorable, que ce soit en attaque ou en défense. Dans le premier cas, il faut sonder les défenses adverses pour repérer par où lancer l’assaut alors que dans le second cas, il faut essayer de couvrir un maximum un terrain tout en se gardant une réserve mobile censée jouer les « pompiers du front ». Plus facile à dire qu’à faire dans les deux cas, tant la moindre erreur est immédiatement sanctionnée par des pertes que vos maigres renforts ne couvrent pas. Il faut donc y aller petit à petit, parfois mètre par mètre, tout en gardant un œil partout, l’IA ne vous laissant pas de répit. Cela peut sembler fastidieux, et ça l’est souvent, mais c’est un peu la marque de fabrique de la série qui ne prend pas de pincettes. Mais lorsque qu’une ligne de défense est percée, que vos troupes engagent par l’arrière des servants de canons antichars paniqués, la satisfaction est immense et on se prend à rêver à de grandes chevauchées sur les arrières ennemis.

Jusqu’à être rattrapé par la dure réalité du terrain, qui a rendu vos hommes aveugles à plus de 100m. J’en parlais au début, c’est un des gros défauts de la licence et il n’a pas été gommé malgré les nombreux opus étalés sur presque deux décennies. C’est d’ailleurs extrêmement surprenant comme choix en matière de design, car il place Sudden Strike dans une position inconfortable : les wargameurs et autre fétichistes du combat tactique estampillé WWII lui reprocheront ses distances d’engagement ridicules alors que les fans de STR hurleront devant la complexité de devoir ravitailler les troupes et de gérer les épaisseurs de blindage. Il est donc étonnant qu’il y ait un public pour lui, en dehors de SA_Avenger et moi. Mais après, vus nos goûts de chiotte douteux, peut-être ne sommes-nous pas représentatifs de la communauté des Trve GamerZ.

Vous aurez compris en me lisant que Sudden Strike 4 souffle le chaud et le froid, alternant passages plaisants et moments de frustration intense. C’est vrai et c’est bien pour cela que je ne le recommande pas vraiment, sauf s’il repasse dans un bundle. Et pourtant je sais que si un nouvel opus voyait le jour, je l’achèterais sans trop tarder. Par nostalgie, parce que je suis la série depuis ses débuts. Et aussi car il se dégage de ce titre une ambiance qui me plaît, que j’aime devoir prévoir les ravitaillements et voler le matériel ennemi. J’aime voir les tourelles adverses voler dans les airs après un tir réussi. Ecraser les positions adverses sous un tir d’artillerie bien placé. Punaise, rien que d’écrire ça j’en ai les larmes aux yeux. En plus, n’ayons pas peur des mots : je trouve que Sudden Strike 4 est beau. Pas beau « oh là là le parallax mapping anisotropé de malade », mais beau « oh mais mate moi ce char tanguer sur ses suspensions ! Et ces traces de chenilles, la classe ». Donc oui, beau mais pour les esthètes, ceux pour qui ont des posters de Panzers IV ausf G dans leur chambre. Beau comme ce petit village tranquille que vous observez de loin, notant les patrouilles ennemies et les chars embusqués, juste avant de lancer un assaut sanglant qui ne laissera que ruines et carcasses fumantes.

Ca devrait suffire…

Pour finir cet article qui se garde bien de prendre position, notons dans la colonne des plus une durée de vie très conséquente avec plusieurs campagnes couvrant les camps habituels (allemands, russes et alliés) et un souci du détail bienvenu. Pas non plus d’incohérences historiques au niveau du matériel ou des opérations, la gamme habituelle est représentée fidèlement, ce qui est le minimum syndical dans le genre.

Ca va teniiiiiir !

Ni génial, ni mauvais, Sudden Strike 4 est donc réservé aux fans de la série et aux curieux qui cherchent un compromis entre wargame et STR. Dans tous les cas, cela rend cet article inutile, si ce n’est qu’il me rappelle que je n’ai pas eu l’opportunité de tester le multi-joueurs et que j’ai la victime toute désignée pour ça. Un joueur assez mauvais pour ne jamais gagner (ce qui flatte mon égo) mais quand même assez couillon tenace pour continuer à jouer. D’ailleurs, il faudra que je vous parle un jour de nos affrontements en ligne sur Heroes of Normandie, à SA_Avenger et moi. Héhé, aucun rapport bien sûr…

Comme je suis d’humeur généreuse, je vous propose un petit concours : le premier qui met dans les commentaires le nom du blog qui nous a récemment fait de la pub sur Twitter repart avec le jeu !

 

Genre : Stratégie

Développeur : Kite Games

Éditeur : Kalypso Media Digital

 

Date de parution : 11 août 2017

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

7 pensées sur “Sudden Strike 4

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