Patchwork

Toujours dans la série « ces jeux auxquels je joue avec ma chère et tendre », voici maintenant Patchwork, du créateur Uwe Rosenberg. Contrairement à Agricola, notre autre coup de cœur du monsieur, Patchwork semble plus léger, moins punitif. Il faut dire qu’entre essayer de faire survivre une famille de fermiers et la confection d’un patchwork, la portée dramatique n’est pas la même. Toujours est-il que sous ses airs mignons tout plein, Patchwork n’est pas simpliste du tout, même si ma femme, comme vous pouvez vous en douter, n’a pas du tout la même approche que moi…

Dans Patchwork, qui se joue à deux uniquement (si vous avez des amis, ou qui sait plusieurs femmes, il va falloir vous tourner vers Cottage Garden ou Indian Summer), vous avez devant vous une couverture sur laquelle vous allez devoir coudre un maximum de pièces de tissu. Je sais que là normalement j’ai perdu tous les lecteurs fans d’Ameritrash, mais malgré ce thème particulier Patchwork peut plaire à tous. Les pièces de tissu sont disposées en cercle autour de la piste centrale et pour les obtenir, il va vous falloir dépenser deux types de ressources : du temps et des boutons (la monnaie du jeu).

Le jeu mis en place.

Coudre prend du temps et, de manière logique et à quelques exceptions près, la couture des plus grosses pièces en demande le plus. Pour contrebalancer cela, les pièces de tissu ont aussi un coût en boutons. Ces derniers se gagnent à intervalles réguliers, en passant sur des cases spéciales, et sont les points de victoire du jeu (nous y reviendrons). La valeur des pièces est donc un savant mélange entre valeur en temps et en boutons. Certaines sont très longues à coudre mais ne coûtent que quelques boutons alors que d’autres coûtent extrêmement cher mais ne prendront que quelques unités de temps. Il faut donc constamment jongler entre ses finances (les boutons) et le temps restant (le nombre de cases qui vous séparent de l’arrivée sur la piste centrale).

Pour le moment, à part faire des calculs rapides, les mécaniques présentées ne sont pas bien compliquées. Je vous rassure, elles le restent toute la partie, même si je ne vous ai pas parlé d’un « léger » détail : vous ne pouvez pas vraiment choisir les pièces que vous voulez… En effet, un marqueur se promène entre les pièces et vous ne pouvez acheter qu’une des trois pièces situées immédiatement après lui dans le sens horaire. Une fois l’achat effectué, le marqueur est mis à l’emplacement de la pièce prise, pour un nouveau choix de trois pièces. Les joueurs ne se passent pas la main après chaque achat, mais c’est à celui qui est derrière sur la piste centrale que revient la possibilité d’acheter. On peut donc parfaitement acheter plusieurs pièces de suite avant de laisser jouer l’autre, tant que le temps investi dans la couture ne vous fait pas le rattraper. C’est malin comme tout et permet de planifier plusieurs coups.

Euh… je peux prendre la pièce stp ?

Cerise sur le gâteau, certaines cases permettent de récupérer des petites pièces de cuir bien utiles pour combler les trous (mais c’est le premier qui les atteint qui les empoche) tandis que d’autres vous font gagner le nombre de boutons apparaissant sur votre couverture (les pièces de tissu en comportant étant bien entendu plus chères que les autres).

Patchwork est donc un jeu au thème fort, il faut savoir choisir les pièces non seulement pour leur ratio coût en temps/boutons mais aussi pour leur… forme. Car oui, ma femme vient de me faire remarquer que je n’avais pas abordé ce qui fait le sel du jeu : vous devez coudre vos pièces de tissu en évitant au maximum les trous, sous peine d’être pénalisé à la fin. Cela apporte une touche de Tetris sympathique où l’on essaie de voir quelle pièce comblera le maximum de trous tout en restant accessible en « ressources ». Et si on n’a pas les moyens, une fois son tour arrivé, d’acheter une des trois pièces disponibles ? Et bien on avance sur la piste centrale jusqu’à rejoindre son adversaire et on gagne un bouton pour chaque case parcourue. On perd certes du temps mais cela permet d’augmenter ses ressources.

Patchwork est donc un jeu aux mécaniques simples (que je vous explique terriblement mal) et malines. Déterminer quelle pièce rentrera le mieux dans votre patchwork, voir si elle ne coûtera pas trop et si elle rapportera, cela vous demandera pas mal de réflexion car lorsque les joueurs arrivent au bout de la piste centrale, il faudra compter les boutons gagnés et en retrancher deux par espace laissé libre sur la couverture. Une lourde sanction, au point qu’il nous est arrivé à maintes reprises de finir en négatif. C’est un peu humiliant au début mais on s’y fait…

Comme vous commencez à connaître ma femme et son approche particulière en matière de jeux de société, vous vous doutez qu’une partie de Patchwork ne se limite pas pour elle à optimiser chacun de ses tours. C’est même le contraire en fait. Ma femme n’achète que les pièces qui vont bien sur sa couverture. Pas dans le sens « oui il y a la place de la mettre », mais plutôt « les motifs sont bien et collent avec le reste ». Oui, elle prend l’esthétique en compte… Autant vous dire que cette approche particulière ne pardonne pas toujours, mais en cas de victoire, sa belle couverture fièrement tendue devant elle, elle me regarde crânement avec un « tu vois, pas besoin de réfléchir trois tours à l’avance » dans le regard… Et dans ces cas-là, je n’ai qu’une envie : en refaire une autre avec une stratégie différente. Et comme les parties ne durent qu’une demi-heure, que la mise en place est très rapide, autant vous dire que le jeu sort très régulièrement.

Auteur : Uwe Rosenberg

Artiste : Klemens Franz

Editeur : Lookout Games

2 joueurs

15-30 minutes

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

2 pensées sur “Patchwork

  • 7 novembre 2018 à 18 h 20 min
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    Typiquement le genre de jeux qui ne sortirait jamais ici. Même pas à cause de la mécanique qui plairait certainement, mais le thème qui va rebuter direct.

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  • 7 novembre 2018 à 18 h 30 min
    Permalink

    Typiquement le genre de jeu qui pourrait me plaire, mais je suis persuadé qu’il ne sortira jamais à cause du thème alors que la mécanique fonctionnerait.

    Répondre

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