Northgard

Il y a des jeux comme ça, que vous n’attendez pas et auxquels vous accrochez immédiatement. C’est souvent un petit jeu peaufiné avec soin par ses développeurs, bien loin des AAA sortis dans un état bancal (coucou Bethesda !). C’est d’un joyau qui entre précisément dans cette catégorie dont je vais enfin vous parler, Northgard. Je sais qu’il date un peu mais en ces périodes de soldes il peut être bon de jeter un œil dessus.Northgard, développé par Shiro Games (un studio basé dans la plus belle ville du monde, Bordeaux), est multiclassé STR/4X/jeu de gestion avec une direction artistique enthousiasmante. Dans les bottes fourrées du fils d’un chef Viking assassiné par le grand méchant habituel, vous allez guider votre peuple en Northgard, une région hostile et légendaire, et y affronter divers clans. Et peut-être vous allier à eux, qui sait… Si le scénario est classique, il est très bien ficelé et accroche parfaitement le joueur par le biais de superbes illustrations et autres vidéos, transformant la campagne solo en une agréable promenade au milieu de la mythologie nordique.

Si vous démarrez chaque carte de manière classique avec un hôtel de ville et quelques paysans en plus de votre héros, les mécaniques de jeu vous emportent très vite loin des STR habituels, Age of Empires en tête. Ici, chaque carte est divisée en zones qu’il va vous falloir annexer, en payant un tribut en argent ou en nourriture. Il pourrait être tentant de rester dans son coin, histoire de se renforcer avant d’explorer mais ici, point de salut pour les tortues : chaque zone ne peut accueillir qu’un nombre très limité de bâtiments. Et bien souvent, elles disposent d’un ou deux types de ressources au maximum. Vous voulez pêcher pour nourrir vos troupes ? Annexez une zone disposant d’un étang. Il vous faut de la pierre ? C’est dans une autre zone mon p’tit monsieur. Northgard demande donc de s’étendre méthodiquement car annexer coûte de plus en plus cher. Et les zones sont souvent défendues par les autres tribus ou des monstres mythologiques et autres loups. Déterminer les besoins immédiats est donc indispensable, chaque peuple jouable disposant en plus de forces et faiblesses variées (ainsi que de bâtiments spécifiques). Il y a donc une gestion au niveau militaire (les armées ne sont jamais bien grandes dans Northgard, tout au plus une quinzaine de guerriers) et au niveau économique car, surcouche de gestion oblige, il faut prendre en compte les hivers rigoureux. Oui, dans un STR les développeurs vous demandent de gérer vos stocks de bois et de nourriture (qui est consommée en continu) pour que vos ouailles ne passent pas l’arme à gauche au moindre coup de froid. Comme dans Banished (en plus simple quand même), vous allez donc devoir équilibrer les stocks et la production. C’est une particularité très bien pensée qui permet de jouer sur différents niveaux et de satisfaire ceux pour qui faire un lasso autour de troupes pour les envoyer à la mort n’est pas suffisant. Lors de votre expansion vous découvrirez aussi d’autres peuples avec lesquels vous pourrez commercer pour vous enrichir, des ruines qui vous apporteront de la renommée ou des trésors une fois explorées et diverses choses dont je ne peux vous parler sans gâcher le plaisir de la découverte. La conquête est donc indispensable car elle augmente en plus le bonheur de vos citoyens, qui arriveront plus vite si ce dernier est élevé. Oui, encore une particularité du jeu : vous ne créez pas manuellement des paysans, ils arrivent à intervalles réguliers. Vous ne créez pas non plus vos guerriers/éclaireurs/pêcheurs : vous envoyez un paysan dans le bâtiment adéquat pour qu’il y subisse un entraînement. Si cela peut sembler fastidieux au premier abord, cela offre en fait une souplesse de développement inégalée. Vous venez de conquérir une zone riche en mines ? Convertissez plusieurs paysans en mineurs et une fois les ressources épuisées, retransformez-les en ce que vous voulez selon la situation. Cela évite d’avoir des guerriers qui se tournent les pouces pendant que tout le monde crève de faim faute de main d’œuvre.Vous l’aurez compris, la partie gestion de Northgard regorge de petites trouvailles bienvenues et rafraîchissantes. La partie militaire, quant à elle, est bien plus classique : vous envoyez vos troupes attaquer une zone, les micro-managez pour que vos porteurs de boucliers encaissent les coups pendant que vos unités à distance bourrinent de loin et… c’est à peu près tout. Une fois la zone vidée de ses occupants, vous l’annexez et passez à la suivante. Pas de grosse stratégie à mettre en œuvre, les gars de Shiro Games sont restés simples et efficaces.Une des choses qui m’ont bien plu pendant la campagne solo est que les objectifs diffèrent vraiment d’une mission à l’autre. On sort très vite du sempiternel « videz la carte » pour attaquer des choses plus intéressantes comme atteindre un seuil de renommée avant une faction adverse. Cela renouvelle constamment l’intérêt et même si certaines missions peuvent sembler longuettes, le plaisir de jeu reste intact. Northgard est par contre un jeu assez difficile où la moindre erreur dans l’expansion ou l’évolution se paie cash. Le joueur peut se retrouver embourbé dans une économie qui ne lui permet pas de se développer et il n’est pas rare de devoir recommencer. Cela n’est pas vraiment un défaut et cela oblige à bien connaître les forces et faiblesses de son clan. Mais la richesse du jeu est telle qu’on y revient toujours avec le sourire et on tente une autre approche. L’arbre technologique, qui apporte pour une fois de vrais améliorations, est en ce sens parfait et permet d’orienter son développement.Le bébé de Shiro Games est donc un mélange malin de plusieurs genres, savamment dosé et qui s’appuie sur une réalisation technique aux petits oignons. Le jeu est superbe dans un genre un peu cartoon, l’interface très bien fichue une fois comprise et même les musiques sont un régal. On sent que les développeurs ont mis tout leur cœur dans le projet et qu’ils ont veillé à maintenir un parfait équilibre. Ni STR, ni jeu de gestion, ni même 4X, Northgard s’est créé sa petite catégorie à lui, tranquillement. Il en résulte un de mes jeux préférés de 2018, une perle que j’adore, principalement parce qu’elle m’a surpris. 

 Titre : NorthgardGenre : Indépendant, Simulation, StratégieDéveloppeur : Shiro GamesÉditeur : Shiro GamesDate de parution : 7 mars 2018Site officiel : http://northgard.net/

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

Une pensée sur “Northgard

  • 25 novembre 2018 à 12 h 06 min
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    Profondément ennuyé pour ma part, trop simpliste, limité et gentillet à mon goût :/
    Comme quoi tous les goûts sont sur dystopeek, même les tiens :ninja:

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