Nessos

Petit dernier de la gamme mini games de Iello, Nessos peut se définir comme un jeu de bluff à la Poker des Cafards enrobé de mythologie grecque.

Évacuons de suite l’aspect visuel en précisant que le rendu est sublime avec un style amphore du plus bel effet, tout en restant parfaitement lisible. Les plus calés en mythologie reconnaîtront sans difficulté les différents personnages mythologiques concernés.

Concernant la mécanique de jeu, le principe est très simple. Il faut faire un certain score qui varie selon le nombre de joueurs et surtout ne pas avoir trop de cartes Charon. Elles sont synonymes de défaite immédiate pour le joueur qui en a 3 et de fin de partie s’il y en a 9 sur la table.

Simple me direz-vous et vous n’auriez pas tort, mais loin d’être simpliste puisque le premier joueur doit proposer une carte face cachée, parmi les cinq de sa main à quelqu’un(e) autour de la table. Si c’est une carte Charon, il a l’obligation de mentir et si c’est une carte avec un numéro (de 1 à 10), il doit dire la vérité. Le joueur ou la joueuse visé(e) a trois possibilités : accepter la carte, refuser ou ajouter une seconde carte et la proposer à un(e) autre joueur ou joueuse.  Petite subtilité, lors du refus la carte est forcément attribuée à celui ou celle qui l’a proposée.

Même chose pour celui ou celle qui se voit proposer deux cartes. En cas d’ajout d’une troisième carte, le nombre de choix se réduit à deux : accepter ou refuser. Autant dire qu’il vaut mieux bien réfléchir à son choix au moment d’ajouter une troisième carte parce que ça peut faire très très mal.

Comme si cela ne suffisait pas, une combinaison de cartes comportant 1,2 et 3 rapporte 10 points bonus. Très important de ne pas le négliger pour scorer un maximum.

A la fin du tour, les joueurs piochent (ou pas) pour avoir cinq cartes en main et on recommence en changeant de premier joueur.

Alors pourquoi c’est différent du Poker des Cafards et que ça fonctionne aussi bien ?

Bien que j’adore Poker des Cafards même si je ne gagne pas très souvent, il a un gros défaut. Il est très tentant de s’acharner sur un(e) joueur(se) pour le faire perdre rapidement. Il n’y a pas vraiment de moyen de s’en sortir pour la personne visée. Pour dégoûter du jeu, ça fonctionne pas mal.

Dans Nessos, cette tactique ne fonctionne tout simplement pas et très souvent, il faut s’adapter au déroulement de la partie pour essayer de gagner. Arriver à mettre trois cartes Charon à l’adversaire n’est pas forcément la tactique payante, le scoring est parfois plus viable.

Par exemple, j’ai 30 points dont une carte 1 et une 2, un de mes adversaires a deux cartes Charon. Je peux tenter de le “finir” avec une carte Charon ou je lui propose le 3 de ma main en espérant qu’il ou elle croit que je veux l’éliminer et je gagne avec le bonus puisqu’il me faut 40 points. Les deux stratégies sont viables.

En résumé, c’est le genre de jeu de bluff qui fonctionne bien, voire très bien comme jeu apéro. Le prix est plus que raisonnable puisque compris entre 12 et 13€, la boîte est petite, les illustrations sont superbes, la rejouabilité excellente. Petit chose à savoir, il faut être au moins trois et pas plus de six pour y jouer.

Auteur : 佐山貴亮 (Takaaki Sayama), 荒尾 俊樹 (Toshiki Arao)

Artiste : Miguel Coimbra

Editeur : IELLO

De 3 à 6 joueurs

20 minutes

Machiavel

Toujours à l'affût de ce qui peut piquer ma curiosité, peu importe le domaine avec une légère préférence pour les jeux vidéo, le cinéma, la littérature, les séries TV, les jeux de société, la musique, la gastronomie, les boissons alcoolisées et quelques autres petites choses . Ma curiosité est telle le tonneau des danaïdes, sans fond.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *