Last Will

Vous êtes un spécialiste des jeux de gestion et excellez à amasser ressources et cash. Dès que vous êtes à une table de jeu, il faut que vous finissiez avec plus que les autres. Plus, toujours plus ! J’ai donc une mauvaise nouvelle pour vous : Last Will n’est pas pour vous. Last Will va à l’encontre de vos croyances.

Toujours dans l’optique « c’est vieux mais on s’en fiche si c’est fun », je vais donc vous parler aujourd’hui d’un jeu que j’ai découvert sur un vieux podcast de Shut Up and Sit Down, une bande d’Anglais que j’écoute en allant au travail. Je vous les recommande chaudement d’ailleurs, leur humour et leur vision décalée des jeux font de chaque écoute un très agréable moment. Last Will, un vieux jeu donc (pensez, il est sorti en 2011 et sa seule extension « Enfin Viré » en 2013) mais un vieux jeu intriguant de par son thème et ses mécaniques. Le pitch ? En pleine Angleterre Victorienne, votre oncle vient de décéder et après une vie à amasser de l’argent, il s’aperçoit sur son lit de mort qu’il n’en a jamais vraiment profité (c’est ce que je me tue à expliquer à mon épouse à chaque colis qui arrive). Il modifie donc son testament et décide de léguer sa fortune à l’héritier qui prouvera qu’il saura faire le meilleur usage de ses millions. Chaque joueur aura donc sept tours au maximum pour… dépenser son allocation de départ. Oui, dépenser, pas faire fructifier.

La mise en place des plateaux.

Si le principe semble facile à appréhender, les premiers pas dans Last Will le sont moins : chaque décision va à l’encontre du bon sens. Vous voulez acheter une maison ? Parfait ! Mais n’oubliez pas de la payer le plus cher possible. Engagez même un agent immobilier qui vous arnaquera, cela sera plus efficace. N’oubliez pas ensuite de ne surtout pas l’entretenir, elle perdra en valeur et vous pourrez la revendre pour une bouchée de pain. Oui, les premiers pas dans Last Will sont décidément très particuliers.

A chaque tour, les joueurs d’abord vont se positionner sur une piste permettant plusieurs choses : piocher des cartes, obtenir un nombre défini d’actions et déterminer l’ordre de jeu. Les cartes récupérées sont de différentes sortes : compagnons, propriétés, évènements et extras. Elles serviront pendant la phase d’action du joueur et ont une importance capitale. Ensuite, les joueurs vont, chacun leur tour, envoyer leurs coursiers récupérer soit des cartes visibles sur le plateau de jeu (certaines ne sont disponibles que là), soit récupérer un emplacement de plus pour leur plateau individuel ou encore aller modifier les cours de l’immobilier. Cette phase achevée, les joueurs vont utiliser les actions précédemment gagnées pour jouer les fameuses cartes récupérées un peu plus tôt. Chaque carte a un coût en actions et, selon son type, permettra ou pas au joueur de perdre de l’argent (ce qui, je le répète, est une bonne chose).

Un plateau joueur

Les cartes évènements sont des cartes qui sont défaussées une fois jouées. Elles vont de la balade en mer au tour à la fête foraine et permettent de perdre, surtout associées aux compagnons, pas mal de liquidités. Les cartes compagnons servent dans plusieurs cas et sont aussi défaussées lorsqu’elles sont jouées. Les différents compagnons sont le chef (dans le sens cuistot), le chien, le cheval et la demoiselle de compagnie. Par exemple, vous pouvez décider d’aller au restaurant (ce qui vous coûtera disons £2), à cheval (£2 de plus) et avec une amie (£3 parce qu’elle ne prend que des mets de luxe). Vous l’aurez compris, il va falloir utiliser les évènements et compagnons à bon escient pour faire des combinaisons dévastatrices pour… votre compte en banque.

Les cartes propriétés vous permettent d’acquérir des manoirs, fermes et autres immeubles pour des sommes rondelettes. Comme les cartes extras, elles doivent être déployées sur votre plateau joueur et sont activables chaque tour. La place étant limitée sur votre plateau, il va falloir faire des choix… Les cartes extras sont particulières car elles vous permettent d’obtenir des actions supplémentaires, d’augmenter la taille de votre main ou de dépenser plus quand vous jouez certains types d’évènements.

Vous le voyez, les possibilités sont nombreuses de dépenser de l’argent, mais conditionnées par un élément majeur : le nombre d’actions que vous pouvez effectuer à chaque tour. Dans la première phase, le positionnement est vital et nécessitera des choix cornéliens : si vous sélectionnez un emplacement vous laissant piocher beaucoup de cartes, il ne vous offrira que peu d’actions. Si vous en prenez un qui vous fournira beaucoup d’actions, il y a de fortes chances que vous jouiez en dernier et que les autres joueurs vous prennent sous le nez les cartes les plus intéressantes.

C’est là que se joue votre stratégie à chaque tour.

Il faut donc jongler entre le nombre d’actions à votre disposition, votre main (limitée au départ à deux cartes) et surtout vos tirages pour mettre en place un moteur à claquer de l’argent, telle la première Paris Hilton venue. Si les propriétés semblent être la manière la plus rapide de beaucoup dépenser, il vous faudra garder à l’esprit que vous ne pourrez pas vous déclarer ruiné si vous êtes propriétaire terrien. Et revendre de l’immobilier vous rapportera de l’argent. Ce qui, je vous le rappelle, ne fait pas vos affaires.

Si les règles peuvent sembler un peu complexes au premier abord (ou alors c’est parce que j’explique mal. Ou que vous ne comprenez rien, ce qui me semble bien plus crédible. Je serais vous je me remettrais en cause…), il n’en est rien dès la fin du premier tour. Les joueurs comprennent vite comment mettre en place les moyens les plus efficaces de se retrouver sur la paille. Chacun y va de sa petite virée à l’opéra, accompagné d’une véritable messagerie, de ses orgies organisées dans son manoir. Il n’y a pas à dire, Last Will vous permet de vivre la belle vie.

Les différents compagnons.

Les stratégies sont variées et plus ou moins efficace. Sur ma dernière partie avec Gixxy et Herumorgul (deux êtres innocents que j’ai récemment corrompus), le premier était parti sur une combinaison ferme et chevaux à l’entretien démentiel alors que l’autre achetait et revendait des propriétés à tours de bras. L’un courrait donc après les cartes compagnons tandis que l’autre jonglait en permanence avec les prix de l’immobilier. Et pour répondre à la question que vous vous posez mais n’osez formuler, c’est bien entendu moi qui ai gagné. Nul n’est meilleur quand il s’agit de claquer du pognon. Sauf Archer mais lui il triche, il engage des gens pour l’aider à assouvir ses pulsions…

Est-ce que tout cela fait de Last Will un indispensable pour votre ludothèque ? J’ai envie de répondre oui. Oui car le thème est plutôt unique. Et qu’il faut voir la tête des débutants lorsqu’on leur explique principe du jeu. Oui car vous pourrez le trouver pour une somme modique en occasion. Oui car il est fluide et se maîtrise assez vite. Mais ce dernier point fera que les habitués des kubenbois trouveront très vite comment optimiser les parties et se lasseront sûrement vite. Mais cela en fait un jeu idéal pour passer en douceur des Aventuriers du Rail à A la Gloire d’Odin.

 

Auteur : Vladimír Suchý
Artiste : Tomáš Kučerovský
Editeur : Czech Games Edition
De 2 à 5 joueurs
De 45 à 75 minutes

Site officiel : https://czechgames.com/en/last-will/

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

4 pensées sur “Last Will

  • 16 mai 2018 à 7 h 44 min
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    J’adore le concept et hop encore un liste d’envies chez phiphi.

    Jamais joué à Aventuriers du rail et ça ne me tente pas :p. Par contre, la gloire d’Odin, ça fait peur rien qu’en voyant les photos du plateau de jeu.

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    • 16 mai 2018 à 12 h 43 min
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      Et t’as pas vu la boîte !

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  • 16 mai 2018 à 11 h 53 min
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    Tu fais chier, il me tente maintenant… Je ne chercherai pas à l’acheter, mais t’as intérêt à m’y faire jouer la prochaine fois qu’on se voit 😛 (ça va j’ai de la marge)

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  • 16 mai 2018 à 12 h 43 min
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    Tu es invité quand tu veux mon lapin !

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