Kingdoms and Castles

Je dois vous confier quelque chose : j’ai joué à Call of Duty World War 2 en ce début d’année. Pire, je l’ai fini et… j’ai apprécié. Me sentant sale, je n’ai vu qu’une voie vers la rédemption : jouer à un jeu indé aux antipodes. Que ce soit au niveau des moyens ou du genre. C’est donc naturellement que j’ai scruté mon backlog en quête de la perle rare. Et mon regard s’est posé sur Kingdoms and Castles. Un jeu de gestion créé par un studio inconnu composé de deux personnes qui ont codé dans le salon de leur mamie. Que demander de plus ?

Nan mais sérieux, c’est moche !

Kingdoms and Castles a une particularité : il est super moche. Mais moche ! A faire passer SA_Avenger pour Brad Pitt… Bon je dis ça mais c’est vraiment subjectif, les gens ayant l’air d’apprécier ces graphismes à low polys qui me laissent de marbre. Mais comme dirait l’épouse de notre Belge préféré : « ça n’est pas le plus important ! ». Passons donc outre l’enrobage pour nous concentrer sur le fond : la gestion pure et dure, celle qui doit vous faire vous lever la nuit parce que vous avez trouvé LA chaîne de production ultime. Là encore, si Kingdoms and Castles dispose des bases élémentaires dans le genre, force est de constater qu’elles ne sont guère creusées et que l’on saisit très vite les mécaniques. Pas de saison à gérer, pas d’exode massive quand vous mettez les impôts trop hauts. C’est limite pépère, genre « la gestion pour les nuls, aujourd’hui jouons avec des Legos ».

Ca commence à avoir de la gueule

Donc là normalement j’ai perdu les fans du genre, les autres ayant de toute manière fermé la fenêtre en voyant les graphismes. Je vais donc continuer seul, par professionnalisme et aussi parce que ma maman pourrait peut-être me lire un jour. Coucou maman, si tu lis ça je t’embrasse !

Il y a une chose étrange dans ce jeu. Oui c’est très simple, il n’y a pas énormément de bâtiments ou de ressources différentes (un type de verger et de champ, pierre bois et fer : ça fait maigre) et la difficulté n’est pas très élevée. Mais un déclic se fait très vite : vous subissez parfois les attaques de dragons et de vikings accompagnés d’ogres. Oui mon p’tit monsieur, des ogres et des dragons ! Et même que vous pouvez rencontrer des sorcières et engager des héros. Bon, ils sont cons comme la lune mais quand même, ça fait classe dans un village de bouseux, un chevalier en armure. Ces invasions ne transforment pas Kingdoms and Castles en STR, loin de là. A la rigueur lorgne-t-on vers le tower defense, vu qu’il vous faudra construire des fortifications et des tours de défense. Toujours est-il que ces invasions, aussi peu pénalisantes soient-elles, m’ont donné envie d’agrandir mon village. De le défendre. De faire grimper le bonheur de mes paysans. Et je me suis retrouvé à recommencer une partie où je me suis appliqué à tout bien disposer, à prévoir sur le long terme où iraient ma production, mon industrie et mes défenses. Bon, je me suis foiré sur quelques détails insignifiants (saviez-vous que les paysans détestent vivre du mauvais côté des murailles ?) mais je me suis amusé, malgré l’interface pas au top et les graphismes peu clairs. Mais punaise, comment on peut aimer ce style, ça me dépasse.

La neige n’a aucune incidence

Alors, où situer Kingdoms and Castles ? Chez les gestionnaires hardcores, il ne provoquera pas grande réaction. Bien trop simple, sans campagne ou challenges autres que ceux que vous vous fixez, ils en auront fait rapidement le tour. Pour les novices en la matière, c’est par contre un bon investissement, même s’il gagnerait à se voir apporter régulièrement plus de contenu. Les parties sont courtes car les surfaces exploitables ne sont pas bien grandes et suffisamment rythmées par les invasions pour maintenir le joueur en alerte. La courbe d’apprentissage est donc douce comme les fesses de Machiavel, ce qui n’est pas peu dire, croyez-moi !

Oui bon ça coûte cher un scénariste-correcteur…

Acheté en soldes, Kingdoms and Castles ne me fera pas lâcher Banished, c’est sûr. Mais il a un je-ne-sais-quoi qui me fait le lancer avec l’envie de faire croître ma bourgade. Raser les masures pour mettre des manoirs. Râler après les développeurs parce qu’on ne peut pas aller coloniser d’autres îles. Faire une tour d’archers qui touche le ciel… C’est frais, c’est gentillet et ça mériterait plus de suivi, messieurs les développeurs !

Genre : Gestion

Développeur : Lion Shield, LLC

Site officiel

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

10 pensées sur “Kingdoms and Castles

  • 15 janvier 2019 à 10 h 08 min
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    Coucou la maman d’Harvester!
    Sinon pas difficile d’être plus beau que ça, même toi tu y arrives alors que t’es beaucoup plus repoussant que moi :ninja:

    • 15 janvier 2019 à 19 h 34 min
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      Mais arrête, tu vas briser le mythe !

  • 16 janvier 2019 à 8 h 42 min
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    Je suis d’accord avec ton test, ce jeu tourne vite en rond. On est habitué à plus d’options de bâtiments, évolutions etc… du coup ça me donne envie de jouer à COD WW2. Mais avec un mod low poly cartoon et des gouttes de sang en cubes.

  • 16 janvier 2019 à 8 h 44 min
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    « Faire une tour d’archers »… donc tu donnes un indice sur l’endroit où tu séquestres Archer ? C’est une tour d’ivoire en fait ?
    🙂

    • 16 janvier 2019 à 9 h 05 min
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      Damn, je savais que j’en avais trop dit !

  • 30 janvier 2019 à 13 h 24 min
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    Ce jeu est dans mon backlog suite à cadeau sur CPCGifts (et car il était dans ma WL (car il me faisait envie malgré ses graphismes que je trouve pas si dégueu, sur les captures en tout cas)).
    Cela dit, comme il régulièrement mis à jour, je me dis qu’il vaut mieux attendre qu’il s’améliore gentiment plutôt que de m’y mettre vraiment et qu’une MAJ casse le truc ou m’oblige à ré-apprendre sans cesse des éléments de gameplay. C’est un peu le syndrome de l’Early Access (même c’en est pas un) : les rares fois où je craque pour un EA, je préfère attendre que le jeu soit quasiment fini avant de m’y lancer.
    Bref, comme je suis plutôt dans la catégorie des gestionnaires pépères, que les chaînes d’approvisionnement complexes d’un Anno me rebutent et que je suis pas allergique à son style, je me dis que ce K&C pourrait vraiment me plaire.

    • 30 janvier 2019 à 13 h 42 min
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      Je suis comme toi, je ne joue jamais aux EA. Le souci c’est qu’après quand ils sortent tu les as oubliés..

  • 30 janvier 2019 à 13 h 25 min
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    Et longue vie à Dystopeek !

  • 30 janvier 2019 à 13 h 31 min
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    Et aussi, pourquoi Sig’ il a droit à un avatar personnalisé alors qu’il ne fait pas partie des collaborateurs (du site, pour le reste, je sais pas) ?
    Ou bien serait-il un collabo un peu honteux, que la direction de Dystopeek ne souhaite pas mettre en avant ? :p

    • 30 janvier 2019 à 13 h 43 min
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      C’est… un secret pour le moment 🙂

      Mais notre Grand Ancien vaut bien ça !

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