Ghost of a Tale

J’ai pour habitude de finir les jeux que je commence, à plus forte raison lorsque je dois rédiger un article dessus. Cependant, le cas de Ghost of a Tale est atypique… Si je l’ai acheté dès sa sortie en Early Access (oui je suis faible mais comment ne pas succomber à une souris aussi craquante) et attendu patiemment pendant 5 ans sa sortie en Mars dernier avant de le commencer, j’ai dérogé à ma règle et commencé à écrire un article dessus, à mi-chemin de mon aventure.

J’y vouais le développeur, Seith, à la damnation éternelle et y faisais une splendide métaphore sur la trahison et les espoirs déçus. C’était beau, rageur, le vocabulaire choisi aurait fait rougir un joueur de League of Legends. Mais vous savez comment nous sommes, à Dystopeek : sérieux et entièrement dévoués à la cause. Lors d’une réunion de rédaction au sommet de notre immeuble parisien, sirotant des bières fraîches et prenant un bon bol d’air pollué, Archer m’a regardé, l’air grave (il n’a habituellement l’air grave que lorsqu’il réalise que je suis en train de le poutrer à un de ses jeux de société) et m’a dit :

– « Harvichou (je vous rappelle que nous étions détendus et un peu éméchés), ton article est beau, dégoulinant de fiel et d’invectives. Mais ne penses-tu pas qu’il faudrait un peu plus continuer dans le jeu, histoire d’être sûr que ça n’évolue pas ?

– Quoi, continuer à perdre mon temps sur ce naufrage ? Un jeu d’infiltration où l’IA est d’une débilité affligeante, avec des gardes aveugles et cessant leurs poursuites au bout de 20 mètres ? Un simili jeu de rôles où on peut acquérir trois costumes pour améliorer quelques maigres compétences ? Un jeu où la caméra reste collée à notre héros, l’empêchant d’observer quoi que ce soit autour de lui ? Non, plutôt dire du bien du PSG !

Je me demande comment il arrive à me voir là…

– Calme toi, je sais que ça n’est pas évident, que tu y croyais beaucoup. Tu t’es laissé avoir, un gars qui sort quasiment seul un jeu aussi mignon, il y avait baleine sous gravier, c’était évident. Mais franchement, il n’y a absolument rien de positif à en retirer ?

– C’est vrai qu’il est superbe ce jeu, le mec est un vrai artiste. Il n’est pas rare de s’arrêter juste pour admirer le décor. Mais franchement, ça n’en fait pas un jeu recommandable.

– C’est vrai, c’est vrai. Mais garde ce que je t’ai dit en tête, on ne sait jamais » m’a-t-il dit avant de vider, les yeux injectés de sang, sa quatrième bière de la discussion.

Et c’est ainsi que, poussé par mon professionnalisme et les bons conseils d’Archer, j’ai continué Ghost of a Tale. En essayant de voir plus loin que ses gardes cons comme la lune, ses quelques lieux que l’on parcourt dans tous les sens à chaque quête Fedex. J’ai réussi à ignorer les soucis de caméra, surtout que le FOV pouvait être modifié (à vos risques et périls) dans les options. Et j’ai suivi Tilo, la souris adorable, dans ses pérégrinations pour retrouver son épouse. Je me suis laissé manipuler par les différents protagonistes, suis parti collecter des champignons, ai rendu hommage à des défunts… Et j’ai apprécié cette histoire haute en couleurs dans ce monde adorable, j’ai cherché bêtement dans tous les coins le moindre élément manquant (alors que je déteste cela habituellement), j’ai même parcouru en grommelant les mêmes lieux, encore et encore, me paumant à chaque fois et pestant contre l’impossibilité d’annoter la carte.

En définitive, j’ai bien aimé Ghost of a Tale, c’est vrai. Pas le début, ennuyeux au possible car trop axé sur des mécanismes d’infiltration non maîtrisés. J’ai apprécié l’œuvre de Seith lorsqu’elle est devenue un jeu d’aventure. Un jeu où le gameplay s’efface devant l’histoire, où on accepte que tout ne soit pas parfait. Pas un jeu d’action, pas un RPG, juste un jeu d’aventure, tout simple, qui vous conte une belle histoire dans des décors à tomber à la renverse. Parfois ennuyeux, parfois mollasson. Perfectible mais attachant.

Et lorsque je suis retourné voir Archer, fier comme un paon d’avoir réussi à remettre, à juste titre, mon jugement en question, mon camarade s’est exclamé : « Ghost of a Tale ? Cette merde ? J’ai essayé dix minutes, ça m’a saoulé et je l’ai viré ». Tant pis pour lui, il ne saura pas si Tilo retrouve sa femme et s’enfuit avec ses nouveaux amis. Et en plus cet enfoiré a fini toutes les bières…

 

 

Genre : Aventure, Infiltration
Développeur : SeithCG
Éditeur : SeithCG
Date de parution : 13 mars 2018

 

Site officiel : http://www.ghostofatale.com/

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

3 pensées sur “Ghost of a Tale

  • 5 juin 2018 à 14 h 20 min
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    Depuis quand t’es à Paris toi ? :p

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  • 27 juin 2018 à 14 h 40 min
    Permalink

    Attends Septembre, tu feras moins le malin !

    Répondre

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