Crôa!

Je vous vois venir d’ici… « Nan, le mec il en est réduit à jouer à des trucs pour gamins ! ». A quoi je répondrais que de 1. ta gueule (oui je vous tutoie quand je vous envoie chier) et 2. pas du tout et vous auriez tort de vous fier aux apparences. Comme moi quand j’ai rejoint la partie par forum (PBF en anglais) organisée par Ds108j sur le forum Canard PC.

Le jeu semblait tout choupinou, j’avais compris les règles en moins de 7 explications, ça partait bien. Et je dois dire que je n’ai pas été déçu, malgré ma défaite (mais ça vous vous en doutiez), au point d’acheter le jeu. Qui coûte une misère donc soyez sympa avec Igor et allez l’acheter !

Mais avant de courir chez votre dealer préféré (de jeux de société hein, n’allez pas me prendre pour excuse quand vous vous ferez attraper par la maréchaussée avec 3 grammes d’héroïne), une petite présentation du jeu s’impose. Non parce que sinon vous auriez l’air malin à acheter un jeu dont vous ne connaissez rien. C’est quoi la prochaine étape après ? Filer de la thune pour un projet qui n’a pas encore vu le jour ? Mmm ? Alors soyez gentil et asseyez-vous. Non parce que je suis payé au signe moi en plus.

Donc Crôa! qu’est-ce ? Comment cela se joue-t-il ? Y’aura-t-il des frites demain à la cantine ? Easy peasy de répondre aux deux premières, pour le reste je vous le souhaite. Sur une aire de jeu formée de 64 cases symbolisant divers « terrains » et représentant une mare, chaque joueur, qui a à sa disposition en début de partie une reine et deux servantes, doit… éliminer les autres. Oui, c’est inattendu comme concept, ça m’a surpris aussi au début. Les cases formant la mare représentent diverses choses :

  • des mâles (de différentes couleurs), avec lesquelles la reine ne peut s’accoupler qu’une fois (en allant dessus) pour faire apparaître une nouvelle servante.
  • des nénuphars, sur lesquels les grenouilles rebondissent vers une autre case (impossible de revenir en arrière).
  • des moustiques, qui permettent de faire immédiatement jouer une autre grenouille.
  • de la vase, qui englue la grenouille qui tombe dedans pendant un tour entier.
  • des roseaux qui… n’ont pas de propriétés spécifiques.
  • des rondins qui permettent à deux grenouilles (même de couleurs différentes) d’occuper la même case.
  • des brochets, qui gobent directement la grenouille qui tombe dessus. Je sais c’est rude, mais c’est la vie, reprenez-vous un peu, que diable.

Le truc marrant dans l’histoire est que les tuiles sont toutes face cachée au début de la partie, ce qui oblige à jouer à l’aveugle, même si un indicateur de danger est symbolisé au dos de chacune, ce qui permet de minimiser les risques. A tour de rôle, les joueurs vont donc déplacer une grenouille (ou deux si la première tombe sur une case moustique) vers une autre case en appliquant ses effets, tout en serrant les fesses pour ne pas tomber sur un brochet et en essayant de découvrir un maximum de terrain autour d’eux. Et en essayant de générer plus de servantes, indispensables pour protéger la reine. Car oui, perdre sa reine signifie perdre la partie. A la manière d’un Mario verdâtre mais beaucoup plus mignon, nos vaillants batraciens vont donc braver les dangers de la mare et se jeter sur leurs ennemis. Pour les éliminer, rien de plus simple, il suffit d’arriver sur la même case qu’eux (sauf dans le cas du rondin).

C’est pas cromeugnon ça ?

Les règles de Crôa! sont donc extrêmement simples et n’importe qui peut les maîtriser en quelques instants. Par contre, il y a une chose qui demande pas mal de pratique, c’est de maîtriser tous les effets des cases spéciales et savoir les exploiter. Car il y a moyen, en jouant avec les pouvoirs des tuiles, de traverser toute l’aire de jeu en un tour pour venir trucider une reine qui se pensait à l’abri. C’est extrêmement fun, on réfléchit beaucoup et vite et on dresse des pièges machiavéliques qui… échouent lamentablement quand votre adversaire audacieux tente le tout pour le tout et met à mal votre plan en découvrant une case que vous n’aviez pas prévu.

Lorsque j’y joue avec mes parents, qui n’ont pas l’habitude de ce type de jeux, je suis obligé de leur dire toutes les deux minutes de bien observer l’aire de jeu et de leur laisser un peu de liberté pour qu’ils s’amusent. Par contre, lorsque mon beau-frère participe, c’est la guerre. Les plans s’échafaudent, les pièges se tendent et la tension est palpable. Malheur à qui jouera avec nous, il ne faudra pas attendre la moindre pitié, sauf si cela sert nos intérêts…

Crôa! dispose donc de plusieurs niveaux de jeux selon vos adversaires. Soit vous y jouez avec des enfants, qui s’émerveilleront devant les figurines toutes choupinettes, et vous finirez la partie avec un grand sourire. Soit vous y jouez avec des gens compétitifs et vous repartirez en pleurant de n’avoir pas vu qu’en combinant trois rebonds et deux moustiques votre adversaire pouvait vous éliminer… Mais dans tous les cas, quels que soient les gens avec qui vous y jouerez, vous ferez mouche. Donc je confirme ce que je vous disais au début : pour 20€ vous avez un jeu tout public, mignon tout plein et fun dont les parties rapides s’enchaînent sans qu’on s’en rende compte. Alors foncez !

 

Auteur : Igor Polouchine

Artiste : Matthieu Leyssenne

Editeur : Superlude

De 2 à 4 joueurs

20 minutes

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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