La Belle Marinière

J’ai toujours aimé le cinéma, la puissance des images ou des dialogues, le jeu d’acteurs qui rend un film inoubliable, la possibilité de dire tant de choses avec des images qui se succèdent. C’est donc avec grand plaisir que j’ouvre cette rubrique au sein de Dystopeek. Je n’ai pas eu à la vendre beaucoup à Harvester, il m’a juste fallu lui dire que « clairement écrire sur des vieux films c’est possible ». Comme nombre d’entre vous, je regardais mes films principalement au hasard, ce qui était sorti ou ce qui me tombait sous la main me suffisait, le divertissement avant tout.

Mais il y’a quelques années, je me suis fixé comme objectif de voir tous les vieux classiques du cinéma, les films qui valent la peine et permettent d’avoir une vision des principales influences cinématographiques. Après tout, si une telle entreprise serait impossible pour les livres, le cinéma est moins vieux et moins prolixe en chefs-d’œuvre. Je pensais que deux ans suffiraient, maximum trois. Cinq ans plus tard, je réalise bien que j’ai ouvert la boîte de Pandore et suis loin de m’approcher de la fin, bien au contraire. Chaque classique m’a en effet fait découvert un metteur en scène, une actrice, bref d’autres raisons de découvrir d’autres films.

J’ai donc décidé de commencer cette rubrique avec un film peu connu, parcellaire mais que peu ont vu : « La Belle Marinière » de Harry Lachman avec Jean Gabin, Pierre Blanchard et Madeleine Renaud. Quoi ça ? vous dites. Et ce serait bien normal car ce film était jusqu’il y’a peu un film perdu.

Suite à mon intérêt renouvelé des classiques, j’étais tombé sur un site (celluloidangels pour ne pas le citer), qui proposait toute une série de restaurations de vieux films via un support participatif à la Kickstarter. Toujours un peu prudent pour ce genre de projets, je me suis limité à y jeter un œil de temps à autre (surtout que les participations qui permettent de repartir avec un Blu-ray du film sont quand même bien au-delà du prix du dit Blu-ray, or j’apprécie particulièrement ce format encore plus pour les films en noir et blanc). Vint alors un événement qui me poussa à changer d’avis et à m’investir à leur projet. Cet événement c’est la découverte au sein des archives de l’UCLA de quelques bobines de La Belle Marinière. Ce film avec un jeune Gabin était supposé perdu (l’incendie des studios Paramout France a eu raison d’un bon nombre de films), sans compter les dégâts que le temps inflige aux vieilles pellicules, la décision de Lobster Film de lancer une campagne de collecte de fonds sur celluloidangels fut rapide et sa communication assez claire sur la rareté d’un tel événement. Alors tout ça c’est bien joli mais c’est quand qu’il parle du film en fait ?

Pour faire court, la campagne fut un succès mais il me fallut encore deux ans pour recevoir presque par surprise le boîtier contenant le film. Le soir même je le glissais donc dans ma console pour en profiter. Alors malheureusement toutes les bobines du film n’ont pas été retrouvées, ce qui pour le début n’est pas bien grave (la plupart des vieux films ont un assez long générique au début) en revanche la perte de deux bobines en plein milieu de l’intrigue est plus dommageable. Certes le sujet est connu, Lobster Film à choisir de présenter une narration illustrée d’images à leur place mais voilà cela coupe quand même l’immersion et l’atmosphère dans une époque révolue.

Le sujet est assez simple, Jean (Gabin) vit avec sa sœur et un ami sur sa péniche. Son ami doit s’absenter et c’est durant cette absence qu’il sauve Marinette (Madeleine Renaud) de la noyade. Séduit par la jeune femme, il lui propose de rester à bord et de l’épouser. Comme vous vous en doutez, le retour de l’ami va impacter ce jeune couple et avoir un effet non négligeable pour une jeune mariée qui n’est pas née pour devenir marinière et s’ennuie fortement. Le film, dans une veine réaliste qui correspond à l’époque, ne surprendra pas les spectateurs modernes. Gabin est aussi encore un peu jeune pour briller vu que c’est là son premier rôle majeur (on reconnait cependant déjà certaines de ses mimiques). Non la vraie héroïne du film c’est la Seine. Se balader le long de celle-ci pour arriver à Paris, y découvrir les usines, les machineries ou le pont ferroviaire. C’est donc plus pour sa valeur documentaire que je peux conseiller ce film, il est d’ailleurs accompagné en bonus d’un vrai documentaire allemand sur Paris en 1930 qui ne manquera pas d’impressionner les nostalgiques. Pour ceux qui ne connaissent pas ou peu le travail de Jean Gabin, d’autres films auront un impact bien plus important.

Bref voilà, on commence cette rubrique tout en douceur, de manière presque anecdotique mais à terme j’espère bien pouvoir vous parler de films qui frappent, charment ou cognent. Bref du cinéma, du vrai.

 

Réalisateur: Harry Lachman

Acteurs : Jean Gabin, Madeleine Renaud, Pierre Blanchar, Rosine Deréan

Le site de la campagne de restauration

Le trailer sur Youtube

Achat sur Amazon

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

Une pensée sur “La Belle Marinière

  • 2 novembre 2018 à 18 h 16 min
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    Je suis curieux de lire la suite de tes aventures en noir et blanc. Je viendrais parasiter, si tu le permets, ta rubrique avec des films plus récents et/ou pas très bons ^^.

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